Faire naître une mule : croiser sa jument avec un baudet

Une jument ne donne pas toujours un poulain. Saillie par un âne, elle met au monde une mule ou un mulet. Ce croisement a fait la richesse du Poitou pendant des siècles, et il intéresse encore des éleveurs qui cherchent un animal de bât ou d’attelage robuste. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer, d’après les articles de Wikipédia consacrés au mulet, au trait poitevin mulassier et à l’âne du Poitou.

Ce qu’il faut retenir

  • Le mulet naît d’un âne et d’une jument. Le mulet est le mâle, la mule la femelle.
  • Le croisement inverse, un cheval et une ânesse, donne un bardot.
  • Mules et mulets sont presque toujours stériles.
  • Le muleton présente un risque d’anémie lié au colostrum : parles-en à ton vétérinaire avant la naissance.
  • Le Poitou a bâti une race de juments et une race d’ânes pour cette production.

Mule, mulet, bardot : qui est qui

D’après Wikipédia, le mulet et la mule sont des hybrides engendrés par un âne et une jument. On appelle mulet l’hybride mâle et mule l’hybride femelle. Le croisement d’une ânesse et d’un étalon donne un bardot.

Le mulet tient de ses deux parents. Sa taille se situe entre celles de l’âne et du cheval, et il dépasse parfois ses deux parents. Wikipédia lui prête la force et la taille du cheval, la sobriété et la robustesse de l’âne. Ses oreilles sont longues, sa tête volumineuse. Sa robe est souvent baie ou noire, plus rarement alezane, grise ou baie dun.

Un animal presque toujours stérile

Le mulet compte 63 chromosomes, à mi-chemin entre ses deux espèces parentes. Selon Wikipédia, on sait depuis 1999 que la stérilité vient surtout des différences de structure entre les chromosomes de l’âne et du cheval, qui empêchent leur appariement. L’article cite la société muletière britannique, qui n’a enregistré que 60 naissances issues de mulets en cinq siècles.

Conséquence pratique : chaque mule naît d’un nouveau croisement. On n’élève pas de mules entre elles. Un mâle castré s’appelle d’ailleurs un hongre, comme le cheval. Notre article sur la castration du poulain détaille l’intervention chez le cheval.

La mule poitevine, une industrie historique

Au XIXe siècle, l’élevage mulassier français est florissant, rappelle Wikipédia. Les mulets s’exportent en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Espagne et jusqu’en Amérique. Le Poitou, le Dauphiné, le Massif central et les Pyrénées en sont les grandes régions.

Le Poitou s’est spécialisé. Ses juments de trait poitevines, croisées avec des baudets du Poitou, donnent les mules poitevines, grandes et rustiques. En 1867, le vétérinaire Eugène Ayrault estime à 23 000 le nombre de poulinières mulassières dans les seules Deux-Sèvres. Le stud-book du trait poitevin mulassier est créé le 26 juin 1884, avec une section chevaline et une section asine.

Le mot baudet désigne l’âne mâle reproducteur. La race est l’âne du Poitou, reconnaissable à son poil long. Elle a failli disparaître : en 1977, une stagiaire ingénieure des Haras nationaux, Annick Audiot, ne compte plus que 44 animaux dans huit élevages. Un plan de sauvegarde suit dans les années 1980. Le rôle des haras dans ces sauvetages est raconté dans notre article sur les Haras nationaux.

Aujourd’hui, Wikipédia note que la production de mules poitevines reste anecdotique, faute d’un nombre suffisant de juments de trait poitevines.

Choisir la jument et le baudet

L’histoire du Poitou montre que la jument compte autant que l’âne. Selon Wikipédia, les éleveurs du XIXe siècle jugeaient sans valeur pour la mule les juments issues de croisements avec le pur-sang : ils voulaient des juments de fort gabarit. Le gabarit se choisit selon l’usage visé, et Wikipédia distingue d’ailleurs les mules de trait, aux sabots plus larges.

La préparation de la jument reste celle d’une mise à la reproduction classique : état corporel, vaccins, dépistages, suivi de la gestation. Notre article pour faire saillir sa jument et notre guide de la gestation de la jument s’appliquent. Vérifie auprès du propriétaire du baudet les conditions de saillie et l’état sanitaire du mâle.

La naissance du muleton : un risque à connaître

Wikipédia signale que, dans 10 % des cas, le mulet présente une anémie hémolytique grave dans les premiers jours d’allaitement. Elle est liée aux anticorps de la mère, transmis par le colostrum. La cause est identifiée depuis le milieu des années 1940. L’article cite les parades employées : le dosage des anticorps, le retard de l’allaitement et la transfusion de globules de la mère.

Ce point mérite une discussion avec ton vétérinaire avant le terme, car le colostrum est par ailleurs vital pour tout nouveau-né équin. Les contrôles des premières heures sont détaillés dans notre article sur le poulain nouveau-né.

Où voir des mules

Chaque année, le deuxième week-end d’août, la commune de Seyne accueille ce que Wikipédia présente comme le dernier concours mulassier de France, avec l’élection des plus beaux mulets par catégorie. Une bonne occasion de rencontrer des éleveurs avant de faire saillir ta jument.

Sources : Wikipédia, « Mulet », « Poitevin mulassier », « Âne du Poitou », « Bardot » et « Hongre ».