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  • Échographie de gestation de la jument : le calendrier, ce qu’on voit, ce que ça coûte

    L’échographie confirme qu’une jument est pleine dès la deuxième semaine après l’ovulation. Elle sert ensuite à repérer des jumeaux, à vérifier que l’embryon grandit, puis à suivre le fœtus. Voici ce que le vétérinaire voit à chaque étape, d’après une communication de l’Association des vétérinaires équins français de 2022, et ce que facturent deux praticiens qui publient leurs tarifs.

    Ce qu’il faut retenir

    • La vésicule embryonnaire se voit dès 10 jours après l’ovulation, mais elle mesure alors environ 6 mm.
    • L’examen de routine se fait à 14 jours : la vésicule mesure 14 à 16 mm.
    • Vers 21 jours, l’embryon est visible et son cœur bat.
    • Une deuxième échographie autour de 30 jours complète le contrôle des jumeaux.
    • Deux grilles publiques lues le 25 octobre 2026 affichent 44 € TTC pour le diagnostic de gestation à 14 jours et 42 € TTC pour une échographie gynécologique, hors déplacement.

    Le calendrier, étape par étape

    Jours après l’ovulation Ce que le vétérinaire voit
    10 jours la vésicule embryonnaire, ronde et noire à l’écran, d’environ 6 mm : petite et difficile à voir
    14 jours la vésicule mesure 14 à 16 mm : c’est le diagnostic de gestation de routine
    17 à 20 jours la vésicule n’est plus tout à fait ronde, environ 24 à 26 mm
    21 jours l’embryon apparaît, et son cœur bat
    24 à 40 jours l’embryon monte dans la vésicule, ce qui permet de dater la gestation
    vers 40 jours le cordon ombilical se forme, le fœtus commence sa descente
    jusqu’à 55 jours, et au-delà selon la sonde mesure de la longueur tête-croupe du fœtus

    Ces repères viennent de la communication de C. Renaudin à la conférence annuelle de l’AVEF à Reims en 2022.

    Pourquoi l’échographie de 14 jours compte

    • Dater la gestation quand la date d’ovulation n’est pas connue, grâce à la taille de la vésicule.
    • Vérifier la croissance quand la date est connue : une vésicule trop petite fait suspecter un retard de croissance, une vésicule trop grosse fait craindre des jumeaux.
    • Distinguer un kyste : certains kystes de l’utérus ressemblent à une vésicule, mais leur taille et leur place ne changent pas d’un examen à l’autre.

    Les jumeaux : la raison d’aller vite

    Une gestation de jumeaux finit le plus souvent mal chez la jument. L’étude de l’université de Montréal présentée dans notre article sur les jumeaux chez la jument donne le repère pratique : avant 16 jours, l’écrasement d’une des deux vésicules réussit dans plus de 90 % des cas. Dans cette étude, les juments étaient contrôlées à 14 et à 30 jours. D’où l’intérêt de ne pas repousser la première échographie.

    Après 30 jours

    La conférence de l’IFCE sur la mise à la reproduction, en 2023, liste ce que le suivi de la gestation surveille ensuite : les pertes embryonnaires, les anomalies, et le sexage. Votre vétérinaire vous propose les contrôles adaptés à votre jument. Notre guide sur la gestation de la jument détaille l’alimentation et les vaccins mois par mois.

    Ce que ça coûte

    Les prix des vétérinaires sont libres. Deux praticiens équins publient leur grille en ligne :

    Praticien (grille lue le 25/10/2026) Acte Prix
    EponaVet, Ille-et-Vilaine échographie de diagnostic de gestation à 14 jours 40 € HT, 44 € TTC
    EponaVet échographie de chaleur 32 € HT, 35,20 € TTC
    Vet Centaure échographie gynécologique 42 € TTC
    Vet Centaure forfait cycle en échographie 146 € TTC

    Ajoutez le déplacement, facturé à part par les deux praticiens. Pour un suivi complet, des chaleurs à la confirmation, demandez un devis : le nombre d’échographies varie d’une jument à l’autre.

    Votre calendrier pratique

    1. Notez la date de chaque saillie ou insémination, et la date d’ovulation si le vétérinaire vous la donne.
    2. Prenez rendez-vous pour le 14e jour après l’ovulation.
    3. Prévoyez un deuxième contrôle autour de 30 jours, comme dans l’étude sur les jumeaux.
    4. Demandez à votre vétérinaire les contrôles suivants et ce qu’ils cherchent.
    5. Gardez les comptes rendus : ils servent si votre contrat de saillie prévoit une garantie.

    Pour préparer la saillie elle-même, lisez notre article pour faire saillir sa jument.

  • Transporter une jument et son poulain : âge, règles et précautions

    Une jument suitée part pour la saillie, un poulain change d’élevage, une poulinière va pouliner chez le vétérinaire : le transport fait partie de la vie d’un élevage. Le règlement européen sur la protection des animaux pendant le transport fixe des règles précises pour les juments pleines, les juments qui viennent de pouliner et les poulains. Voici ce qu’il dit, et comment préparer le trajet.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le règlement (CE) n° 1/2005 vise les transports liés à une activité économique, pas le transport privé de votre propre cheval.
    • Une jument à 90 % ou plus de sa gestation, ou qui a pouliné dans la semaine, n’est pas apte au transport, sauf exceptions.
    • Un nouveau-né dont le nombril n’est pas complètement cicatrisé n’est pas apte non plus.
    • Un poulain de moins de 4 mois ne fait un long voyage qu’avec sa mère, sauf équidé enregistré.

    À qui s’applique le règlement

    L’article 1er du règlement (CE) n° 1/2005 précise qu’il ne s’applique pas aux transports qui ne se font pas dans le cadre d’une activité économique. Il ne s’applique pas non plus au transport direct vers ou depuis un vétérinaire, sur son conseil. Un éleveur qui vend ou un transporteur professionnel y est soumis. Un particulier qui déplace sa propre jument dans son van pour ses loisirs ne l’est pas.

    Même hors de son champ, le règlement donne de bons repères de bien-être. Les règles qui suivent viennent de son annexe I, dans le texte tel qu’adopté en 2004.

    La jument pleine ou qui vient de pouliner

    L’annexe I classe parmi les animaux inaptes au transport :

    • les femelles gestantes qui ont dépassé 90 % de la durée prévue de leur gestation ;
    • les femelles qui ont mis bas dans la semaine précédente.

    Pour une jument, dont la gestation dure environ onze mois selon le guide agricole de l’Alberta sur l’élevage des jeunes chevaux, les 90 % tombent au cours du dixième mois. Notre article sur la gestation de la jument donne la durée et le suivi mois par mois. Organisez donc le départ vers un lieu de poulinage avant ce cap.

    Le poulain nouveau-né

    Un mammifère nouveau-né dont le nombril n’est pas complètement cicatrisé n’est pas apte au transport, selon la même annexe. Le contrôle de l’ombilic fait partie des gestes des premiers jours, décrits dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    L’exception pour les équidés enregistrés

    Le point 7 du chapitre I prévoit une exception. Les deux interdictions précédentes ne s’appliquent pas aux équidés enregistrés quand le voyage a pour but d’améliorer les conditions sanitaires et de bien-être de la naissance, ni aux poulains nouveau-nés qui voyagent avec leur mère enregistrée. Dans les deux cas, une condition : les animaux sont accompagnés en permanence par un convoyeur qui se consacre à eux pendant le voyage.

    Concrètement, une jument enregistrée qui part pouliner dans une clinique, ou qui rentre avec son poulain de quelques jours, voyage avec quelqu’un dédié à elle. L’identification et l’enregistrement du poulain sont expliqués dans notre guide de la déclaration de naissance.

    Le poulain de moins de 4 mois

    • Litière : les poulains de moins de 4 mois reçoivent une litière adaptée, qui absorbe l’urine et les crottins.
    • Longs voyages : le chapitre VI réserve les longs voyages aux équidés de plus de 4 mois, sauf s’ils sont accompagnés de leur mère, et sauf équidés enregistrés.
    • Licol : le chapitre III impose le licol aux équidés de plus de 8 mois pendant le transport, sauf aux chevaux non débourrés.
    • Logement : en long voyage, les équidés voyagent en stalles individuelles, sauf les juments qui voyagent avec leur poulain.

    Durées et pauses

    Le chapitre V limite les voyages à huit heures pour les équidés domestiques autres que les équidés enregistrés. Au-delà, le véhicule doit répondre aux exigences du chapitre VI pour les longs voyages. Dans ce cas, les poulains non sevrés, encore au lait, doivent avoir après neuf heures de route une pause d’au moins une heure pour boire et, si besoin, être nourris. Ils repartent ensuite pour neuf heures au plus.

    Le chapitre VI interdit aussi les longs voyages aux chevaux non débourrés.

    La place dans le véhicule

    Catégorie Surface minimale par route
    Cheval adulte 1,75 m² (0,7 x 2,5 m)
    Jeune cheval de 6 à 24 mois, voyage jusqu’à 48 heures 1,2 m² (0,6 x 2 m)
    Jeune cheval de 6 à 24 mois, voyage de plus de 48 heures 2,4 m² (1,2 x 2 m)
    Poulain de 0 à 6 mois 1,4 m² (1 x 1,4 m)

    Le chapitre VII autorise une variation de 20 % au plus pour les jeunes chevaux et les poulains, selon leur poids, leur taille, leur état, la météo et la durée. En long voyage, poulains et jeunes chevaux ont la place de se coucher.

    Préparer le trajet

    • Habituez la jument au van avant la fin de sa gestation.
    • Faites monter la jument d’abord : le Merck Veterinary Manual rappelle que le poulain suit sa mère quand elle s’éloigne.
    • Retirez la barre de séparation si le van le permet, pour que le poulain reste près de sa mère.
    • Mettez une litière épaisse au sol.
    • Roulez doucement, freinez tôt, et prévoyez des arrêts pour vérifier que le poulain tète et reste debout ou couché sans être coincé.
    • Demandez à votre vétérinaire si votre jument et votre poulain sont aptes avant un trajet long.

    Si vous achetez un poulain, le transport fait partie des points à fixer avec l’éleveur, comme le rappelle notre article pour acheter un poulain chez un éleveur. Le texte de l’annexe I, tel qu’adopté, est consultable en ligne : règlement (CE) n° 1/2005, annexe I.

  • Comportement du poulain : tétées, sommeil et jeux, mois par mois

    Observer un poulain au pré, c’est voir un emploi du temps qui change chaque semaine. Il tète souvent, dort beaucoup, puis s’éloigne de sa mère pour jouer avec les autres. Savoir ce qui est normal vous aide à repérer ce qui ne l’est pas. Voici ce que décrivent le Merck Veterinary Manual et une étude japonaise qui a suivi 22 poulains de la naissance au sevrage.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le poulain tète environ toutes les 15 minutes au début, puis une fois par heure vers un an.
    • Pendant son premier mois, il passe 15 % de son temps couché sur le flanc et 5 % couché sur le sternum.
    • Il joue d’abord avec sa mère, puis avec les autres poulains à partir du deuxième mois.
    • Les mâles jouent plus à se battre et à se chevaucher, les femelles plus à se toiletter et à courir.

    Les premières heures : le lien avec la mère

    Le Merck Veterinary Manual, dans le chapitre rédigé par Katherine Houpt de l’université Cornell, explique que la jument et son poulain créent leur lien dans les premières heures après la naissance. Si la jument s’éloigne, le poulain la suit. Si le poulain se couche, la jument reste debout près de lui. Plus le poulain est jeune, plus elle reste proche.

    Ces premières heures, avec la première tétée et le colostrum, sont détaillées dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    Les tétées

    D’après le manuel, la plupart des tétées sont lancées par le poulain et arrêtées par la jument, surtout pendant le premier mois. Le poulain tète environ toutes les 15 minutes. Ce rythme baisse lentement, jusqu’à une tétée par heure vers un an.

    Dans la nature, le sevrage se fait tard. Le manuel indique que si la jument est pleine, son poulain est sevré naturellement avant la naissance du suivant, vers 11 mois. C’est bien plus tard que le sevrage pratiqué en élevage, entre 4 et 6 mois. Les méthodes pour sevrer en limitant le stress sont comparées dans notre guide du sevrage du poulain.

    L’étude japonaise de Masahiko Gunjima, publiée en 1997, a suivi 9 mâles et 13 femelles Pur-sang de mai à octobre 1995. Elle montre que le temps passé à téter chute nettement pendant les deux premiers mois, pendant que le temps passé à manger augmente.

    Le sommeil

    Un poulain dort beaucoup, et couché. Selon le Merck Veterinary Manual, pendant son premier mois, il passe 15 % de son temps allongé sur le flanc et 5 % couché sur le sternum, les jambes repliées.

    L’étude de Gunjima précise l’évolution. Le repos couché atteint son maximum pendant les deux premières semaines. Il diminue ensuite, et le repos debout augmente, même si le poulain préfère encore se coucher. Entre le quatrième et le cinquième mois, le repos couché baisse encore.

    Un poulain couché à plat au soleil n’a donc rien d’inquiétant. Ce qui doit vous alerter, c’est un poulain qui ne se lève plus pour téter, ou dont la mamelle de la mère reste pleine et coule.

    Le jeu, du solitaire au collectif

    Le manuel décrit une progression. Pendant le premier mois, le poulain dépend au maximum de sa mère et a peu de contacts avec les autres chevaux. Il joue d’abord seul ou avec elle. Peu à peu, il s’éloigne, découvre les alentours, puis joue avec les autres poulains.

    L’étude de Gunjima donne le calendrier :

    • les deux premières semaines : le poulain reste tout près de sa mère, et le jeu solitaire est à son maximum ;
    • jusqu’à deux mois : il s’éloigne davantage, rencontre les autres chevaux, surtout les poulains ; le jeu à plusieurs et le toilettage mutuel augmentent, le jeu solitaire diminue ;
    • le troisième mois : le toilettage mutuel atteint son maximum ;
    • les quatrième et cinquième mois : il passe encore plus de temps loin de sa mère et mange davantage.

    Le claquement de dents

    Chez un jeune poulain, vous remarquerez parfois un geste curieux : il ouvre et ferme la bouche, lèvres retroussées, devant un cheval adulte. Le manuel appelle ce geste « snapping ». Il atteint son maximum à la fin du premier mois. Le poulain le fait face aux adultes, sans doute pour réduire leur agressivité. Le toilettage mutuel culmine à la même période, selon le manuel.

    Mâles et femelles ne jouent pas pareil

    Le manuel note des différences de jeu entre les sexes. Les mâles chevauchent et se battent plus que les femelles, qui se concentrent sur le toilettage et la course. Les mâles ne toilettent que les femelles, alors que les femelles toilettent les deux sexes. L’étude de Gunjima trouve aussi que les mâles passent plus de temps en jeu social que les femelles, sans autre grande différence entre les sexes.

    Dans les groupes de chevaux vivant en liberté, le manuel décrit des bandes de six à huit juments, avec leurs petits de 3 ans ou moins et un à six mâles adultes. Les jeunes mâles quittent en général le groupe avant 2 ans, plus tôt s’ils n’ont pas d’autres mâles avec qui jouer.

    Ce que ça change pour vous

    • Mettez la mère et son poulain avec d’autres couples quand c’est possible : le jeu entre poulains augmente dès le deuxième mois.
    • Passez par la mère : le manuel indique que nourrir et panser la jument quelques minutes par jour en présence du poulain diminue la peur du poulain face aux manipulations. Notre article pour éduquer un poulain détaille la suite.
    • Observez chaque jour : rythme des tétées, temps couché, jeu. Un changement brutal mérite l’avis de votre vétérinaire.
    • Préparez le sevrage en tenant compte de son âge et de ses liens avec les autres poulains.

    Les limites de ces chiffres

    L’étude de Gunjima porte sur 22 Pur-sang dans un seul élevage japonais, observés deux heures par semaine en journée. Le chapitre du Merck Veterinary Manual est une synthèse. Les chiffres donnent des tendances : chaque poulain a son rythme, selon sa race, sa mère, le groupe et la saison. Le vocabulaire des âges, du foal au yearling, est rappelé dans notre article sur les noms du jeune cheval.

    Le chapitre du manuel sur le comportement social des chevaux est en ligne : Social Behavior of Horses.

  • Alimentation du poulain : de la tétée à 2 ans, étape par étape

    Un poulain fait la plus grande part de sa croissance pendant sa première année. Ce qu’il mange pendant ces mois pèse sur ses os et ses articulations pour toute sa vie. Le guide « Feeding Young Horses for Sound Growth » du ministère de l’Agriculture de l’Alberta, au Canada, détaille la ration à chaque étape. Voici ses repères, de la tétée aux 2 ans.

    Ce qu’il faut retenir

    • Pendant sa première année, le jeune cheval atteint 90 % de sa taille adulte et 65 % de son poids adulte.
    • Le lait de la jument suffit les deux à trois premiers mois. Ensuite, un aliment donné à part, sous la mère, comble l’écart.
    • Avoine et foin seuls ne suffisent pas à un poulain sevré : il manque des protéines, de la lysine et des minéraux.
    • Le but est une croissance régulière et modérée, avec un poulain ni gras ni maigre.

    Une croissance rapide la première année

    Le guide albertain résume la courbe : pendant sa première année, le jeune cheval atteint 90 % de sa taille adulte et 65 % de son poids adulte. La croissance ralentit ensuite, mais continue jusqu’à 3 ou 4 ans. À un rythme modéré, la taille adulte est atteinte vers 2 ans, et le poids adulte une à deux années plus tard.

    Cette vitesse explique le risque. Le guide décrit les troubles ostéo-articulaires du développement : ostéochondrose, épiphysite, déviations des membres, tendons rétractés. Parmi leurs causes alimentaires, il cite l’excès d’énergie, une croissance irrégulière, avec des périodes de restriction suivies de rattrapage, et des apports minéraux déséquilibrés. Il précise qu’un régime riche en protéines ne figure pas parmi ces causes, contrairement à une idée répandue. Notre article sur l’ostéochondrose du poulain détaille cette maladie.

    De la naissance à 3 mois : le lait d’abord

    Le guide indique que le poulain couvre ses besoins avec le lait de sa mère pendant ses deux à trois premiers mois. Les premières heures, avec le colostrum, sont traitées dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    Au troisième mois de lactation, la production de lait baisse alors que les besoins du poulain augmentent. Il grignote de l’herbe, mais l’herbe de fin d’été est souvent pauvre en protéines et en minéraux, selon le guide. Le poulain se retrouve entre deux sources qui faiblissent.

    L’aliment sous la mère

    La solution décrite par le guide est le « creep feeding » : donner au poulain un aliment auquel sa mère n’a pas accès. Les repères :

    • Quand commencer : entre 2 et 3 mois, ou au moins un mois avant le sevrage.
    • Où : dans un nourrisseur au pré, ou une mangeoire de box réservée au poulain. Au pré, prévoyez 3,7 à 4,7 m² par poulain et des entrées d’environ 0,6 m de large, assez hautes pour les poulains et trop basses pour les juments.
    • Combien : 0,5 à 1 % du poids du poulain par jour, sans dépasser 1,8 à 2,2 kg. Pour un poulain de type cheval de selle, cela fait environ 0,5 kg par mois d’âge.
    • Quoi : un aliment pour poulain de 16 à 18 % de protéines brutes, 0,8 à 1 % de calcium et 0,6 à 0,8 % de phosphore. Prenez le haut de la fourchette avec un fourrage d’herbe, le bas avec de la luzerne.

    Le guide rappelle que le but n’est pas la croissance maximale. Un poulain trop gras court plus de risques pour ses os. Cet aliment l’habitue aussi à manger seul, ce qui facilite le sevrage.

    Le poulain sevré

    Le guide note qu’un poulain grandit souvent moins vite pendant les deux à trois semaines qui suivent la séparation. Ce passage à vide, suivi d’un rattrapage, fait partie des facteurs de risque. Un sevrage calme limite le stress : notre guide du sevrage du poulain compare les méthodes et donne les repères de l’IFCE pour l’aliment autour du sevrage.

    Après le sevrage, le guide recommande :

    • un foin de qualité à volonté, idéalement un mélange luzerne et graminées ;
    • un aliment complémentaire équilibré, à environ 1 % du poids par jour, jusqu’à 2,2 à 2,7 kg ;
    • de l’exercice libre au pré, qui renforce les os, et peu d’heures enfermé au box.

    Il insiste sur un point : l’avoine et le foin seuls apportent de l’énergie, mais pas assez de protéines, de lysine ni de minéraux pour la croissance. Associez toujours l’avoine à un complément protéique, vitaminé et minéral, ou choisissez un aliment conçu pour les poulains.

    Ce que doit contenir la ration totale

    Âge Protéines Lysine Calcium Phosphore
    Poulain sevré 15 % 0,6 % 0,65 % 0,35 %
    Yearling 13 % 0,5 % 0,45 % 0,25 %
    2 ans 11 % 0,4 % 0,35 % 0,20 %

    Ces taux portent sur la ration totale, foin compris. L’aliment complémentaire est plus concentré, car il compense un foin moins riche.

    Le yearling et le 2 ans

    Vers 12 mois, la croissance ralentit nettement, et les besoins en protéines, calcium et phosphore baissent. Avec un bon foin de luzerne et graminées ou une bonne herbe de printemps et d’été, le guide indique qu’un yearling se passe parfois de céréales. Il garde besoin d’un complément minéral.

    À 2 ans, le jeune cheval a atteint sa taille adulte et environ 90 % de son poids. Ses besoins restent au-dessus de ceux d’un adulte à l’entretien. S’il commence un travail, il lui faut un apport en plus, que le guide chiffre à 1,8 à 4,5 kg de grain selon l’intensité.

    Surveiller l’état, ajuster la ration

    Le guide conseille de garder les jeunes chevaux en état moyen, une note de 5 sur l’échelle d’état corporel. Si des signes de trouble ostéo-articulaire apparaissent, il recommande de réduire un temps le grain, de chercher les déséquilibres de la ration, puis de revenir progressivement à une ration équilibrée. Il met en garde contre les régimes de famine au foin pauvre : le poulain rattrape ensuite, et le trouble revient.

    Ces repères sont des lignes directrices. Faites valider la ration de vos poulains par votre vétérinaire ou un nutritionniste. Le guide complet est en ligne : Feeding Young Horses for Sound Growth.

  • Les dents du poulain : quand elles poussent et ce qu’elles disent de son âge

    Un poulain naît presque sans dents visibles. Ses premières incisives sortent dans la semaine, et sa dentition d’adulte n’est complète que vers 5 ans. Entre les deux, chaque dent pousse à un âge connu, ce qui permet d’estimer l’âge d’un jeune cheval en regardant sa bouche. Voici le calendrier publié par le Merck Veterinary Manual, et comment t’en servir.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le poulain a 24 dents de lait. Elles apparaissent en général dans les deux semaines qui suivent la naissance, sauf les incisives du coin, plus tardives.
    • Les dents de lait commencent à tomber vers 2 ans et demi, et toutes les dents définitives sont en place vers 5 ans.
    • Un cheval adulte a 36 à 44 dents, selon qu’il s’agit d’une jument ou d’un mâle.
    • L’âge se lit le mieux pendant les périodes d’éruption, donc jusqu’à 5 ans.

    Les dents de lait du poulain

    Le Merck Veterinary Manual compte 24 dents de lait chez la plupart des chevaux : 12 incisives et 12 prémolaires de lait. Elles sortent tôt, en général dans les deux semaines qui suivent la naissance. Les incisives arrivent en trois temps, de l’avant vers les côtés.

    Dent de lait Âge d’apparition
    Incisives centrales (les pinces) 0 à 1 semaine
    Incisives intermédiaires (les mitoyennes) 4 à 6 semaines
    Incisives du coin 6 à 9 mois
    Prémolaires de lait (2e, 3e et 4e) 0 à 2 semaines

    Les canines de lait ne percent pas. Un poulain de deux mois a donc ses pinces et ses mitoyennes, mais pas encore ses coins. C’est un repère utile quand tu vois un poulain dont la date de naissance n’est pas connue.

    Les dents qui arrivent pendant la première année

    Deux dents définitives sortent avant un an, sans remplacer de dent de lait :

    • Les dents de loup, ou premières prémolaires, vers 5 à 6 mois. Elles ne sont pas toujours présentes, et se trouvent le plus souvent sur la mâchoire du haut. Elles ne servent pas à mâcher.
    • La première molaire, vers 9 à 12 mois.

    Les dents de loup se voient mal sans examen. Ton vétérinaire les repère quand il examine la bouche, et te dit s’il faut s’en occuper. Pose-lui la question avant le débourrage, quand le cheval commence à porter un mors.

    Le remplacement, de 2 ans et demi à 5 ans

    D’après le manuel, le remplacement des incisives et des prémolaires de lait commence vers 2 ans et demi. Les molaires définitives sortent vers 1, 2 et 4 ans. Toutes les dents définitives sont en place vers 5 ans.

    Dent définitive Âge d’éruption
    Incisives centrales 2 ans et demi
    Incisives intermédiaires 3 ans et demi
    Incisives du coin 4 ans et demi
    Deuxième prémolaire 2 ans et demi
    Troisième prémolaire 3 ans
    Quatrième prémolaire 4 ans
    Deuxième molaire 2 ans
    Troisième molaire 4 ans
    Canines 4 à 5 ans

    Les canines apparaissent vers 4 à 5 ans, et le manuel précise qu’on ne les voit souvent pas chez la jument. D’où l’écart du nombre de dents adultes : 40 à 44 chez l’étalon, 36 à 40 chez la jument.

    Lire l’âge d’un jeune cheval

    Le manuel est clair : l’âge se lit le mieux pendant les périodes d’éruption des dents de lait et des dents définitives. Après 5 ans, l’estimation devient moins sûre. Les dents du cheval poussent toute sa vie pour compenser l’usure, d’environ 2,5 mm par an jusqu’à 17 ans environ. Mais l’usure varie avec la race, l’alimentation, les soins dentaires et la façon dont les dents se rencontrent.

    Quelques repères simples, tirés du tableau :

    • pinces de lait seules : le poulain a quelques jours à quelques semaines ;
    • pinces et mitoyennes de lait, sans coins : environ 6 semaines à 6 mois ;
    • toutes les incisives de lait : à partir de 6 à 9 mois, jusqu’à 2 ans et demi ;
    • pinces définitives sorties, mitoyennes et coins encore de lait : environ 2 ans et demi à 3 ans et demi ;
    • coins définitifs en train de sortir : environ 4 ans et demi à 5 ans.

    Ces repères donnent une fourchette, pas une date. Un poulain né tôt dans l’année et un poulain né tard n’auront pas la même bouche au même mois de l’automne.

    Le manuel signale que la rainure de Galvayne et le crochet de 7 ans, souvent cités pour donner l’âge d’un cheval adulte, sont variables et peu fiables.

    Pourquoi l’âge par les dents compte en élevage

    La date de naissance d’un poulain est écrite sur ses papiers, déclarée au SIRE dans les 15 jours, comme l’explique notre guide de la déclaration de naissance. Les dents servent à vérifier. Si un poulain présenté comme yearling a encore ses coins de lait à 2 ans passés, rien d’anormal. S’il a déjà ses pinces définitives, il a sans doute plus de 2 ans et demi. Le vocabulaire des âges est dans notre article sur les noms du jeune cheval.

    Avant un achat, la visite vétérinaire inclut l’examen de la bouche. Notre article pour acheter un poulain chez un éleveur détaille les autres étapes.

    Habituer ton poulain à la bouche ouverte

    Un jeune cheval qui accepte qu’on lui touche les lèvres et qu’on soulève sa lèvre supérieure sera plus facile à examiner toute sa vie. Fais-le par séances courtes, au calme, comme les autres manipulations décrites dans notre article pour éduquer un poulain. Pour le premier examen dentaire, demande à ton vétérinaire à quel âge il le conseille pour ton poulain.

    Le tableau complet des éruptions, pour le cheval et les autres espèces, est en ligne : le chapitre du Merck Veterinary Manual.

  • Contrat de saillie : prix, garanties et obligations à vérifier

    Avant la saillie, tu signes un contrat avec le propriétaire de l’étalon ou son mandataire. Il fixe le prix, ce qui se passe si ta jument ne prend pas, et ce que tu reçois. Ces clauses changent beaucoup d’un étalon à l’autre. Voici ce qu’elles veulent dire, d’après une thèse vétérinaire de 2025 consacrée au choix de saillie.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le contrat prend la forme d’un contrat de vente quand tu achètes une carte de saillie en insémination réfrigérée ou congelée.
    • La garantie jument pleine en fin de saison réduit ce que tu paies si ta jument reste vide.
    • La garantie poulain vivant à 48 heures reporte la saillie sur l’année suivante en cas d’avortement ou de mort du poulain dans ses deux premiers jours.
    • Les deux garanties ne se cumulent en général pas : choisis celle qui protège ta situation.

    Deux formes de contrat

    La thèse distingue deux cas. Si ta jument est confiée au haras de l’étalon, le contrat porte sur une prestation technique de saillie, à laquelle s’ajoute la garde de la jument, dont l’étalonnier est responsable pendant son séjour. Si ta jument reste chez toi ou dans un centre d’insémination, avec de la semence réfrigérée ou congelée, tu achètes une carte de saillie : c’est un contrat de vente. L’étalonnier doit alors livrer la semence et en garantir la conformité.

    Qui doit quoi

    Ta part : payer le prix de la saillie et les frais annexes prévus au contrat. Celle de l’étalonnier : entretenir, soigner et protéger ta jument pendant son séjour, réaliser la saillie dans les conditions du contrat, et te délivrer le certificat de saillie.

    La thèse précise le niveau de ses obligations, d’après l’IFCE :

    • une obligation de résultat sur l’identité de l’étalon père du poulain ;
    • une obligation de moyens sur la réussite de la saillie et la sécurité de la jument pendant les opérations ;
    • une obligation de moyens renforcée sur la sécurité de la jument en dehors de la saillie.

    Autrement dit, l’étalonnier ne garantit pas que ta jument sera pleine, mais il garantit que le poulain est bien du père annoncé.

    Les paillettes en semence congelée

    En semence congelée, deux formules existent selon la thèse :

    • la réservation de paillettes : tu reçois les paillettes mais l’étalonnier en reste propriétaire, et a le droit de demander le retour de celles qui n’ont pas servi en fin de saison ;
    • l’achat avec transfert de propriété : les paillettes restantes sont à toi.

    Dans les deux cas, utiliser des paillettes restantes pour une autre jument demande d’acheter une nouvelle carte de saillie. Sans cette carte, la saillie n’est pas déclarée, et le poulain ne sera enregistré que comme Origine Constatée. Le nombre de paillettes par contrat va de quatre à plusieurs dizaines. Sans garantie, si les inséminations échouent, il faut en racheter.

    Les garanties

    Jument pleine en fin de saison

    Si ta jument est vide à la fin de la saison, tu ne paies qu’une partie du prix : en général les frais de réservation, de production et d’envoi des doses. Le mandataire demande le plus souvent un certificat vétérinaire de vacuité. Certains contrats ajoutent un report de saillie : les paillettes de la saison suivante sont fournies à moindre coût. La thèse juge cette clause utile avec un étalon peu fertile.

    Poulain vivant à 48 heures

    Si ta jument avorte après la fin de la saison, ou si le poulain meurt dans ses 48 premières heures, le contrat est reporté à la saison suivante, sans frais. Cette garantie n’est en général pas cumulable avec la précédente.

    Le prix d’une saillie

    La thèse cite une étude de l’Observatoire économique et social du cheval : en 2015, le prix moyen d’une saillie d’étalon Selle Français était de 1 300 euros hors taxe, en hausse continue depuis 2005. Il varie avec plusieurs facteurs :

    • l’âge de l’étalon : une saillie d’un Selle Français de 4 à 6 ans coûte en moyenne 300 à 400 euros de moins que celle d’un étalon de plus de 16 ans ;
    • la valeur de la jument : plus la valeur génétique de la poulinière est haute, plus la saillie choisie est chère ;
    • la taille de l’élevage : les éleveurs de plus de 10 juments choisissent des saillies en moyenne 200 euros plus chères que les propriétaires d’un seul cheval.

    Le prix de la saillie s’ajoute au coût de la technique de reproduction. Notre guide pour faire saillir sa jument présente les techniques et la préparation de la jument.

    Ce que les éleveurs regardent

    Dans l’enquête menée en 2025 auprès de 40 éleveurs amateurs, la garantie poulain vivant arrivait en 4e position des critères de choix, le tarif en 7e, la garantie jument pleine en 10e. Le nombre de paillettes, en 15e position, était jugé secondaire par plus de la moitié des répondants.

    Le calendrier administratif

    La thèse reprend ces étapes de l’IFCE :

    1. tu achètes la carte de saillie et signes le contrat ;
    2. l’étalonnier ou l’inséminateur déclare le premier saut au SIRE dans les 15 jours qui suivent la première monte ou insémination ;
    3. après la dernière monte, il te remet une attestation de saillie ;
    4. après le paiement complet, le mandataire te délivre le certificat de saillie ;
    5. tu déclares la naissance au SIRE dans les 15 jours ;
    6. le poulain est identifié avant 8 mois et avant son sevrage.

    La suite est détaillée dans notre guide de la déclaration de naissance. Si tu achètes un poulain plutôt que de le faire naître, notre article sur l’achat explique comment lire le certificat de saillie.

    Ta liste avant de signer

    • L’étalon est approuvé pour la race visée.
    • Le prix est indiqué hors taxes ou toutes taxes comprises, avec les frais annexes.
    • Le nombre de paillettes et leur propriété sont écrits.
    • La garantie choisie, jument pleine ou poulain vivant, est écrite avec ses conditions.
    • Les frais de pension, de suivi gynécologique et d’insémination sont listés à part.

    Pour le détail juridique, la thèse est en ligne : la partie sur les modalités du contrat de saillie.

  • Monte naturelle, monte en main ou insémination : choisir la technique pour sa jument

    Pour faire naître un poulain, tu as le choix entre la monte naturelle, la monte en main et trois formes d’insémination artificielle. Elles n’ont ni la même réussite, ni le même coût, ni les mêmes risques pour ta jument. Une thèse vétérinaire soutenue à Lyon en 2025 les a comparées. Voici ses chiffres, et comment choisir selon ta jument.

    Ce qu’il faut retenir

    • La monte naturelle a la meilleure fertilité par cycle, de 60 à 70 %, et le coût le plus bas, mais le risque de blessure le plus élevé.
    • L’insémination congelée est la plus chère, environ 2 019 euros par poulain vivant, pour une fertilité de 47 % par cycle.
    • Une jument âgée, ou qui fait son premier poulain tard, gagne à être inséminée en frais ou en réfrigéré plutôt qu’en congelé.
    • La technique dépend aussi de l’étalon : tous ne sont pas proposés dans toutes les techniques.

    Les cinq techniques

    La monte naturelle

    La jument est mise au pré avec l’étalon, souvent en troupeau, pour toute la saison. La technique n’est réglementée ni par l’IFCE ni par le Code rural. Elle demande peu d’intervention et coûte le moins cher. Elle a le meilleur taux de fertilité par cycle, de 60 à 70 %. En revanche, sans contention de l’étalon, le risque de blessure pour la jument est plus important. Elle est peu utilisée chez le cheval de selle, mais c’est la seule autorisée pour produire dans certains stud-books, comme le Pur-sang et le Pur-sang arabe.

    La monte en main

    L’étalonnier tient l’étalon et le présente à la jument en chaleur. Le manipulateur limite les risques de blessure. La fertilité par cycle est un peu plus basse, autour de 61 %.

    L’insémination immédiate

    La jument est inséminée juste après la récolte de l’étalon et le contrôle de la semence. Elle doit donc être suivie dans la même écurie que l’étalon. Fertilité par cycle : 58 %.

    L’insémination en semence réfrigérée

    L’étalon est récolté au haras trois jours par semaine. La semence est diluée, mise en doses, puis expédiée au froid vers le centre où se trouve la jument. Elle s’utilise jusqu’à 48 heures après la récolte, le plus tôt étant le mieux. La jument n’a plus besoin de voyager, ce qui élargit le choix d’étalons. Il faut en revanche anticiper l’ovulation pour commander les doses à temps. Fertilité par cycle : 46 à 54 % selon le délai d’utilisation.

    L’insémination en semence congelée

    La semence est conditionnée en paillettes de 0,5 mL et congelée dans l’azote liquide à -196 °C. Les paillettes se conservent sans limite de durée, même après la mort de l’étalon, et donnent accès à des étalons étrangers. En 2023, 38 % des étalons actifs en France étaient disponibles en congelée, d’après la thèse. Sa fertilité par cycle est la plus basse, 47 %. La semence congelée est aussi plus concentrée, donc plus inflammatoire : la thèse conseille de la réserver aux juments saines, sans antécédent d’endométrite après une saillie.

    Le tableau de comparaison

    Technique Fertilité par cycle Coût par poulain vivant (TTC) Risque de blessure Jument près de l’étalon
    Monte naturelle 60 à 70 % 136 euros important oui
    Monte en main 61 % 668 euros modéré oui
    Insémination immédiate 58 % 755 euros moindre oui
    Insémination réfrigérée 46 à 54 % 1 860 euros moindre relative
    Insémination congelée 47 % 2 019 euros moindre non

    Source : thèse de J. Chavalle (2025), d’après des données de 2017 et de l’IFCE (2023). Les coûts portent sur la technique, pas sur le prix de la saillie.

    L’âge de ta jument change le choix

    La thèse résume plusieurs études. La fertilité de la jument monte jusqu’à 4 à 6 ans, plafonne, puis baisse jusqu’à devenir presque nulle vers 25 ou 26 ans. Chez des Pur-sang, le taux de gestation à 42 jours était de 63 % chez les juments de 2 à 8 ans, contre 37 à 43 % après 18 ans. La mortalité embryonnaire passait de 4 à 6 % à 12 à 23 %.

    Le premier poulain compte aussi. Une étude de 2001 donne un taux de gestation à 15 jours de 68,8 % pour une jument qui fait son premier poulain avant 7 ans, contre 37,2 % après 8 ans. La thèse en tire deux conseils : faire produire un premier poulain avant 8 ans si possible, et choisir pour les juments plus âgées une technique à meilleure fertilité, comme l’insémination immédiate ou réfrigérée, plutôt que la congelée.

    Notre guide pour faire saillir sa jument décrit le profil de la jument mise à la reproduction et la préparation à prévoir.

    Quand ta jument ne prend pas

    La thèse cite une définition : une jument est dite infertile si elle n’est pas gestante après trois chaleurs inséminées avec un étalon fertile. Le vétérinaire cherche alors la cause. Une fois la cause traitée, la thèse conseille de choisir l’étalon le plus fertile possible et de privilégier la semence fraîche, puis réfrigérée, et la congelée en dernier.

    La fertilité de l’étalon se lit sur trois chiffres : par cycle (47 à 70 % selon la technique), en fin de saison (70 à 90 %) et apparente, c’est-à-dire en naissances (60 % en moyenne). La fertilité par cycle est la plus fiable. Les distributeurs de semence la publient souvent.

    Ce que dit la réglementation

    La monte naturelle et la monte en main ne sont pas réglementées. La récolte de sperme et l’insémination le sont par le Code rural, avec des exigences sanitaires. La thèse note qu’aucune règle n’impose en revanche une qualité minimale pour le sperme vendu. Le transport de semence est réglementé, mais pas ses conditions physiques : c’est au producteur de préserver la qualité.

    Une fois la jument pleine, suis-la avec notre article sur la gestation de la jument. Si l’échographie montre deux embryons, lis celui sur les jumeaux chez la jument. La thèse complète est en ligne : le travail de J. Chavalle, partie reproduction.

  • Choisir un étalon pour sa jument : pedigree, indices et caractère

    Choisir l’étalon, c’est choisir la moitié de ton futur poulain. Les catalogues mettent en avant des photos, des résultats et des notes. Une thèse vétérinaire soutenue à Lyon en juin 2025 a passé ces critères au crible pour les éleveurs amateurs de chevaux de saut d’obstacles. Voici ce qu’elle retient, critère par critère, pour lire la fiche d’un étalon sans te tromper.

    Ce qu’il faut retenir

    • Vérifie d’abord que l’étalon est approuvé pour la race que tu vises, sinon ton poulain ne sera pas inscrit dans cette race.
    • Regarde le coefficient de consanguinité du poulain à naître, pas seulement celui de l’étalon.
    • Un indice génétique supérieur à +20 place un cheval dans les 2 % meilleurs de sa discipline. Un indice négatif est déconseillé pour la reproduction.
    • Choisis sur des caractères qui se transmettent bien, comme la taille, plutôt que sur des détails qui se transmettent peu.

    Qui choisit un étalon aujourd’hui

    La thèse cite l’Observatoire économique et social du cheval : en 2023, 76 % des éleveurs de chevaux de sport et de loisir ne possédaient qu’une ou deux juments, et 48 % des éleveurs de chevaux de sport se disaient amateurs. L’auteure a interrogé 40 éleveurs amateurs entre février et mars 2025. Pour s’informer, 90 % d’entre eux utilisaient les catalogues des distributeurs de semence. Seuls 21 % demandaient conseil à leur vétérinaire.

    L’approbation : la première case à cocher

    Un étalon a une race de naissance, et il est approuvé à produire dans un ou plusieurs stud-books. Ce n’est pas la même chose. Un étalon approuvé pour une race a le droit de produire des poulains inscrits dans cette race. S’il ne l’est pas, ton poulain ne portera pas le nom de la race visée.

    La thèse prend l’exemple du Selle Français. Les jeunes mâles sont repérés en concours Modèles et Allures. À l’issue du championnat des 2 ans à Saint-Lô, en décembre, 20 à 30 étalons sont approuvés pour un an. Ils confirment ensuite au testage des 3 ans, qui réunit environ 50 mâles pendant 10 jours. Un bilan radiographique est exigé, relu par le CIRALE. Notre article sur l’élevage de chevaux de sport détaille le rôle du stud-book.

    Il faut aussi que l’étalon soit actif. Chaque étalon qui reproduit en France reçoit des cartes de saillie de l’IFCE. Le site Infos Chevaux permet de filtrer les étalons actifs l’année précédente, mais ne dit pas qui sera disponible la saison suivante.

    Le pedigree et la consanguinité

    Le pedigree figure sur le document d’identification de l’étalon, sur le site de l’IFCE, sur celui du stud-book et sur les fiches des distributeurs. Il sert à deux choses selon la thèse : transmettre les qualités des ancêtres, et limiter la consanguinité.

    Sur le premier point, la thèse rappelle que l’héritabilité des performances en saut d’obstacles est faible, de 0,14 à 0,19 selon les études. Un grand nom dans le pedigree ne garantit donc pas un bon sauteur.

    Sur le second, elle cite une recommandation : garder la consanguinité d’une population sous 1 % par génération, et éviter de produire des chevaux à plus de 6 % de coefficient de consanguinité. Le coefficient se consulte sur Infos Chevaux, onglet Diversité génétique. Attention : si des ancêtres manquent dans le pedigree, le coefficient calculé est sous-estimé. La thèse met aussi en garde contre l’effet de mode autour d’un étalon, qui appauvrit la diversité d’une race.

    Ce qui se transmet, et ce qui se transmet peu

    L’héritabilité mesure la part d’un caractère qui passe des parents au poulain, de 0 à 1. La thèse la dit forte au-dessus de 0,4, moyenne entre 0,25 et 0,4, faible en dessous de 0,25. Elle conclut qu’il est inutile de choisir un étalon sur un caractère peu héritable.

    • La taille au garrot est fortement héritable : choisir un grand étalon pour avoir un grand poulain a du sens.
    • La longueur de l’encolure est faiblement héritable : un étalon à l’encolure courte ne la transmet pas à coup sûr.
    • Le galop présente une héritabilité forte dans son mouvement vertical, d’après une étude de 2020 citée par la thèse, et il est lié aux performances à l’obstacle.

    Les notes de modèle et d’allures ne se comparent pas d’un stud-book à l’autre. Le Selle Français note chaque allure sur 20, le stud-book néerlandais KWPN sur 40, avec un idéal entre 25 et 30.

    Le caractère du père compte

    La thèse rapporte plusieurs études selon lesquelles l’étalon influence le tempérament de ses poulains et leurs capacités d’apprentissage. Une étude ancienne a montré qu’un tempérament calme favorise un apprentissage plus rapide. Le comportement est évalué par 60 % des stud-books de chevaux de sport. Au Selle Français, il compte pour 25 % de la note globale au saut. Pour le comportement à l’obstacle, une étude de 2021 sur plus de 1 000 chevaux et poneys trouve une corrélation génétique de 0,60 à 0,72 avec les performances de 4 à 7 ans.

    Les indices de l’IFCE

    • Les indices de performance (ISO en saut d’obstacles, ICC en complet, IDR en dressage) sont calculés chaque année. La moyenne vaut 100. Un ISO de 140 ou plus en 2023 plaçait un cheval dans les 2 % meilleurs de l’année. Ce sont des indices de résultats, pas de génétique.
    • Les indices génétiques (BSO, BDR, BCC) estiment ce qu’un cheval transmet. Ils vont de -50 à +50, avec une moyenne de 0. Au-dessus de +20, le cheval est dans les 2 % meilleurs de sa discipline. Un indice négatif ferait reculer la population : la thèse déconseille l’étalon pour la reproduction.

    Dans l’enquête, ces indices arrivaient en fin de classement chez les amateurs : l’ISO en 14e position, le BSO en 16e. Le BSO est pourtant le seul des deux qui estime ce que l’étalon transmet.

    Les critères pratiques

    La distance compte selon la technique. En insémination avec de la semence réfrigérée ou congelée, les doses sont livrées loin en moins de 48 heures. En monte naturelle, en main ou en insémination immédiate, la jument doit aller près de l’étalon. Les techniques sont présentées dans notre guide pour faire saillir sa jument. La robe aussi entre en jeu : notre article sur la robe du poulain explique comment la prévoir.

    Ta grille avant de réserver

    1. L’étalon est approuvé pour la race visée et actif cette saison.
    2. Le coefficient de consanguinité du croisement reste bas.
    3. Ses indices génétiques sont positifs dans la discipline visée.
    4. Il complète ta jument sur des caractères héritables.
    5. Son caractère et celui de ses poulains déjà nés te conviennent.
    6. La technique de reproduction proposée convient à ta jument.

    Après la saillie viennent les papiers, détaillés dans le guide de la déclaration de naissance. La thèse complète, avec ses tableaux, est en accès libre : la thèse de J. Chavalle sur le choix d’un étalon.

  • Poulain orphelin : colostrum, jument nourrice ou allaitement artificiel

    Un poulain orphelin, ou rejeté par sa mère, n’a pas de temps à perdre : sans colostrum dans ses premières heures, il reste sans défenses. Ensuite, il faut le nourrir des dizaines de fois par jour, puis l’élever comme un cheval et non comme un animal de compagnie. Cet article s’appuie sur un guide de l’université du Nebraska, sur une thèse de l’École vétérinaire de Toulouse et sur la synthèse de Katherine Houpt sur le comportement maternel de la jument.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le colostrum d’abord : sa capacité d’absorption chute après 12 heures.
    • Une jument nourrice reste la meilleure solution, quand on en trouve une.
    • À défaut, un lait de remplacement conçu pour le poulain, pas du lait de vache entier.
    • Des petits repas fréquents, puis un apprentissage du seau.
    • Un compagnon de son espèce, pour qu’il apprenne à être un cheval.

    Les premières heures : le colostrum

    Le guide du Nebraska rappelle que le colostrum, le premier lait de la jument, apporte les anticorps. La capacité du poulain à les absorber baisse fortement après 12 heures et devient minime à 24 heures. Il recommande, idéalement, 250 à 300 ml toutes les une à deux heures pendant les six premières heures. Quand le vétérinaire donne lui-même le colostrum, au biberon ou à la sonde, le guide parle d’environ 2 à 3 litres au total, en trois ou quatre doses. Fais valider ces quantités par ton vétérinaire, qui contrôle ensuite par une prise de sang que les anticorps sont bien passés. Sans colostrum, il existe des immunoglobulines lyophilisées et du plasma, à administrer sous son contrôle.

    • Le colostrum se congèle et se garde jusqu’à un an.
    • Décongèle-le à température ambiante, jamais au micro-ondes, qui détruit les anticorps.
    • Si tu fais naître plusieurs poulains, garde une réserve congelée.

    Les contrôles du nouveau-né sont détaillés dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    La jument nourrice

    La thèse de Sabrina Massoni (ENVT, 2003) présente la jument nourricière comme la meilleure solution pour un poulain orphelin ou rejeté. Elle cite des études selon lesquelles les poulains qui ne sont pas élevés par une jument développent plus souvent des troubles du comportement social. Le guide du Nebraska note qu’une nourrice allège beaucoup le travail, mais qu’elle est difficile à trouver et refuse parfois le poulain.

    Faire accepter le poulain

    Houpt décrit la méthode : la nourrice est attachée, une barrière empêche le contact en dehors des tétées, et elle ne doit pas flairer le poulain pendant au moins 24 heures de tétées. L’acceptation se voit quand elle laisse téter en flairant sous la queue du poulain. Le contact s’élargit ensuite, après environ 36 heures. Les mêmes précautions servent pour une jument qui rejette son propre poulain, voir notre article sur le rejet du poulain.

    La lactation provoquée

    La thèse étudie une autre piste : déclencher la lactation chez une jument qui n’a pas pouliné, par un traitement hormonal étudié à l’INRA de Tours-Nouzilly. Dans le protocole de référence, le lait apparaissait pendant la deuxième semaine de traitement, et un colostrum de bonne qualité n’a été obtenu que chez une jument. C’est une technique de vétérinaire spécialisé, pas une solution d’urgence.

    L’allaitement artificiel

    Le lait

    • Un lait de remplacement formulé pour le poulain est la solution à privilégier, selon le guide du Nebraska.
    • Les recettes maison ne servent qu’à dépanner sur une courte durée.
    • Le lait de vache entier est à éviter : il ramollit les crottins.
    • Le guide cite aussi le lait d’une chèvre laitière, que certains poulains tètent directement, avec un complément quand le poulain grandit.

    Le rythme

    Au naturel, un poulain tète jusqu’à 17 fois par heure la première semaine, puis environ 3 fois par heure. Le guide en tire un rythme : un repas toutes les une à deux heures la première semaine, puis toutes les quatre à six heures après deux semaines. De petits repas fréquents valent mieux que deux gros repas par jour, qui causent souvent de la diarrhée. Si elle apparaît, notre guide sur la diarrhée du poulain t’aide à réagir.

    Le seau

    Apprends-lui tôt à boire au seau : le guide note que c’est possible jeune, et que ça réduit nettement la charge de travail. Lave biberon, tétine et seau après chaque repas.

    Les aliments solides

    Le poulain commence à manger du solide en quelques semaines. Laisse-lui un accès à du foin de qualité, de l’herbe et un aliment adapté, dont la transition est traitée dans notre article sur le sevrage du poulain.

    L’élever comme un cheval

    Le guide du Nebraska insiste sur ce point : traite l’orphelin comme un cheval, pas comme un animal de compagnie, pour limiter les problèmes de comportement. Élève-le si possible avec un autre orphelin, un poney, une chèvre ou un cheval calme. Dès qu’il prend des forces, sors-le dans un petit pré pour qu’il bouge. Les règles de manipulation sont dans notre article sur l’éducation du poulain.

    Bonne nouvelle pour la suite : le guide cite une étude où des orphelins bien suivis étaient plus petits que des poulains élevés par leur mère à 30 jours, mais ne montraient plus de différence de taille au garrot à 180 jours, et seulement un léger écart de poids.

    Sources : K. P. Anderson, « Feeding and Care of Orphaned Foals », NebGuide G1872, université du Nebraska-Lincoln, 2008 · S. Massoni, thèse vétérinaire, ENVT, 2003 · K. A. Houpt, « Equine Maternal Behavior and its Aberrations », IVIS, 2011.

  • Jument qui rejette son poulain : reconnaître le rejet et réagir

    Chez la jument, le lien avec le poulain se noue dans les heures qui suivent la naissance. Parfois, il ne se noue pas : la jument refuse la tétée, repousse son poulain, ou l’attaque. Ce rejet se gère mieux quand on le reconnaît tôt. Cet article s’appuie sur la synthèse de Katherine Houpt, spécialiste américaine du comportement du cheval, publiée en 2011, et sur une thèse de l’École vétérinaire de Toulouse de 2003.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le rejet prend trois formes : refus de la tétée, mise à distance, agression.
    • Il commence le plus souvent dès la naissance.
    • Les juments primipares et les juments arabes sont les plus concernées.
    • Une jument qui a rejeté un poulain risque de recommencer.
    • Un poulain qui ne tète pas doit recevoir du colostrum sans attendre.

    Le comportement maternel normal

    Houpt décrit deux temps. D’abord, une attirance générale pour le nouveau-né, déclenchée par le poulinage et la chute des hormones de gestation. Ensuite, la reconnaissance de son propre poulain, pendant une période sensible. La jument flaire son poulain naseau contre naseau, lèche la tête, puis l’arrière-main. Ce léchage cesse vite : il dépasse rarement deux heures. La première semaine, le poulain tète trois à quatre fois par heure, puis environ une fois par heure vers cinq mois, pendant une à deux minutes à chaque fois.

    Les trois formes du rejet

    • Légère : la jument lèche le poulain mais refuse qu’il tète. Elle réagit quand il touche le pli de l’aine, près de la mamelle.
    • Modérée : elle le tient à distance et rue s’il approche trop.
    • Grave : elle l’attaque, le mord à l’encolure et le projette.

    La thèse de Toulouse résume : le rejet va du refus de la tétée au refus total du poulain, avec une agressivité plus ou moins marquée.

    Combien de juments, et lesquelles

    Houpt rassemble plusieurs enquêtes :

    • dans une étude sur des juments arabes, 9 sur 107 ont rejeté leur poulain, en tout ou en partie ;
    • sur 135 cas de rejet signalés, 70 concernaient des arabes, 24 des quarter horses et 14 des pur-sang ;
    • le rejet a commencé dès le poulinage dans 95 de ces cas, à 12 heures dans 11 cas, à 24 heures dans 14 ;
    • 10 de ces poulains ont été tués ou sont morts ;
    • des enquêtes auprès de propriétaires relèvent un rejet chez environ 5 % des poulains arabes, contre 2 % des poulains paint.

    Les juments primipares sont les plus touchées, ce qui suggère un rôle de l’expérience. Les rejets se regroupent aussi dans certaines familles, ce qui évoque une part génétique. Enfin, certaines juments rejettent un poulain après l’autre. La thèse de Toulouse parle alors de rejet chronique.

    Les causes

    Houpt écrit que les causes restent inconnues. Plusieurs pistes sont citées : le manque d’expérience, un déséquilibre hormonal, le stress du poulinage, l’absence de contact avec le poulain pendant la période sensible, la douleur. Dans un petit échantillon de quatre juments, celles qui rejetaient leur poulain avaient des taux d’hormones plus bas autour du poulinage.

    Que faire

    Assurer la tétée

    Le poulain doit boire le colostrum dans ses premières heures, que la jument coopère ou non. Notre article sur le poulain nouveau-né détaille cette priorité. Appelle ton vétérinaire dès que le poulain ne tète pas.

    Désensibiliser la jument

    Pour une jument qui réagit au contact du pli de l’aine, Houpt décrit la méthode : touche-le légèrement, la jument tenue en longe. Si elle rue ou se dérobe, fais-la trotter quelques minutes, puis recommence, en appuyant un peu plus à chaque fois.

    Contenir la jument pour protéger le poulain

    Houpt cite plusieurs moyens : une barre qui laisse l’accès à la mamelle tout en empêchant la jument de se déplacer sur le côté, la tête attachée, une récompense quand elle accepte la tétée. Dans un cas qu’elle rapporte, une jument maintenue en travail environ 20 jours a vu sa descente de lait s’améliorer vers le dixième jour, et son comportement redevenir normal vers le vingtième. Le vétérinaire dispose aussi de traitements, hormonaux ou tranquillisants : c’est à lui d’en décider.

    Si rien ne marche

    Une jument agressive met le poulain en danger. La solution devient alors une jument nourrice, que la thèse de Toulouse présente comme la meilleure réponse au poulain orphelin ou rejeté. Houpt préfère, elle aussi, l’élevage par une jument au biberon : le poulain reçoit des anticorps par le lait et se socialise mieux.

    Prévenir

    • Habitue la jument, avant le poulinage, à la contention et à la manipulation de la mamelle.
    • Laisse-la pouliner à l’écart des autres chevaux.
    • Si le poulain doit être séparé, garde un contact visuel, par exemple par une cloison transparente.
    • Ne remets pas à la reproduction une jument qui a déjà rejeté ses poulains.

    Pour préparer la mise bas, lis notre guide du poulinage de la jument. Et pour la suite, notre article sur l’éducation du poulain rappelle que la mère reste son premier éducateur.

    Sources : K. A. Houpt, « Equine Maternal Behavior and its Aberrations », IVIS, 2011 · S. Massoni, « Induction de la lactation chez la jument et croissance des poulains élevés par des juments à lactation induite », thèse vétérinaire, ENVT, 2003.