Une jument suitée part pour la saillie, un poulain change d’élevage, une poulinière va pouliner chez le vétérinaire : le transport fait partie de la vie d’un élevage. Le règlement européen sur la protection des animaux pendant le transport fixe des règles précises pour les juments pleines, les juments qui viennent de pouliner et les poulains. Voici ce qu’il dit, et comment préparer le trajet.
Ce qu’il faut retenir
- Le règlement (CE) n° 1/2005 vise les transports liés à une activité économique, pas le transport privé de votre propre cheval.
- Une jument à 90 % ou plus de sa gestation, ou qui a pouliné dans la semaine, n’est pas apte au transport, sauf exceptions.
- Un nouveau-né dont le nombril n’est pas complètement cicatrisé n’est pas apte non plus.
- Un poulain de moins de 4 mois ne fait un long voyage qu’avec sa mère, sauf équidé enregistré.
À qui s’applique le règlement
L’article 1er du règlement (CE) n° 1/2005 précise qu’il ne s’applique pas aux transports qui ne se font pas dans le cadre d’une activité économique. Il ne s’applique pas non plus au transport direct vers ou depuis un vétérinaire, sur son conseil. Un éleveur qui vend ou un transporteur professionnel y est soumis. Un particulier qui déplace sa propre jument dans son van pour ses loisirs ne l’est pas.
Même hors de son champ, le règlement donne de bons repères de bien-être. Les règles qui suivent viennent de son annexe I, dans le texte tel qu’adopté en 2004.
La jument pleine ou qui vient de pouliner
L’annexe I classe parmi les animaux inaptes au transport :
- les femelles gestantes qui ont dépassé 90 % de la durée prévue de leur gestation ;
- les femelles qui ont mis bas dans la semaine précédente.
Pour une jument, dont la gestation dure environ onze mois selon le guide agricole de l’Alberta sur l’élevage des jeunes chevaux, les 90 % tombent au cours du dixième mois. Notre article sur la gestation de la jument donne la durée et le suivi mois par mois. Organisez donc le départ vers un lieu de poulinage avant ce cap.
Le poulain nouveau-né
Un mammifère nouveau-né dont le nombril n’est pas complètement cicatrisé n’est pas apte au transport, selon la même annexe. Le contrôle de l’ombilic fait partie des gestes des premiers jours, décrits dans notre article sur le poulain nouveau-né.
L’exception pour les équidés enregistrés
Le point 7 du chapitre I prévoit une exception. Les deux interdictions précédentes ne s’appliquent pas aux équidés enregistrés quand le voyage a pour but d’améliorer les conditions sanitaires et de bien-être de la naissance, ni aux poulains nouveau-nés qui voyagent avec leur mère enregistrée. Dans les deux cas, une condition : les animaux sont accompagnés en permanence par un convoyeur qui se consacre à eux pendant le voyage.
Concrètement, une jument enregistrée qui part pouliner dans une clinique, ou qui rentre avec son poulain de quelques jours, voyage avec quelqu’un dédié à elle. L’identification et l’enregistrement du poulain sont expliqués dans notre guide de la déclaration de naissance.
Le poulain de moins de 4 mois
- Litière : les poulains de moins de 4 mois reçoivent une litière adaptée, qui absorbe l’urine et les crottins.
- Longs voyages : le chapitre VI réserve les longs voyages aux équidés de plus de 4 mois, sauf s’ils sont accompagnés de leur mère, et sauf équidés enregistrés.
- Licol : le chapitre III impose le licol aux équidés de plus de 8 mois pendant le transport, sauf aux chevaux non débourrés.
- Logement : en long voyage, les équidés voyagent en stalles individuelles, sauf les juments qui voyagent avec leur poulain.
Durées et pauses
Le chapitre V limite les voyages à huit heures pour les équidés domestiques autres que les équidés enregistrés. Au-delà, le véhicule doit répondre aux exigences du chapitre VI pour les longs voyages. Dans ce cas, les poulains non sevrés, encore au lait, doivent avoir après neuf heures de route une pause d’au moins une heure pour boire et, si besoin, être nourris. Ils repartent ensuite pour neuf heures au plus.
Le chapitre VI interdit aussi les longs voyages aux chevaux non débourrés.
La place dans le véhicule
| Catégorie | Surface minimale par route |
|---|---|
| Cheval adulte | 1,75 m² (0,7 x 2,5 m) |
| Jeune cheval de 6 à 24 mois, voyage jusqu’à 48 heures | 1,2 m² (0,6 x 2 m) |
| Jeune cheval de 6 à 24 mois, voyage de plus de 48 heures | 2,4 m² (1,2 x 2 m) |
| Poulain de 0 à 6 mois | 1,4 m² (1 x 1,4 m) |
Le chapitre VII autorise une variation de 20 % au plus pour les jeunes chevaux et les poulains, selon leur poids, leur taille, leur état, la météo et la durée. En long voyage, poulains et jeunes chevaux ont la place de se coucher.
Préparer le trajet
- Habituez la jument au van avant la fin de sa gestation.
- Faites monter la jument d’abord : le Merck Veterinary Manual rappelle que le poulain suit sa mère quand elle s’éloigne.
- Retirez la barre de séparation si le van le permet, pour que le poulain reste près de sa mère.
- Mettez une litière épaisse au sol.
- Roulez doucement, freinez tôt, et prévoyez des arrêts pour vérifier que le poulain tète et reste debout ou couché sans être coincé.
- Demandez à votre vétérinaire si votre jument et votre poulain sont aptes avant un trajet long.
Si vous achetez un poulain, le transport fait partie des points à fixer avec l’éleveur, comme le rappelle notre article pour acheter un poulain chez un éleveur. Le texte de l’annexe I, tel qu’adopté, est consultable en ligne : règlement (CE) n° 1/2005, annexe I.