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  • Robe du poulain : prévoir sa couleur à partir de celle des parents

    La robe d’un poulain dépend d’un petit nombre de gènes. L’article de Wikipédia en anglais sur la génétique des robes le résume ainsi : toutes les variations de couleur viennent de changements dans quelques gènes seulement. Le bai est la robe la plus courante, devant le noir et l’alezan. Connaître la robe des parents permet donc de prévoir une partie du résultat. Pas tout : certains gènes restent cachés, et la couleur change après la naissance.

    Ce qu’il faut retenir

    • Trois robes de base : le noir, l’alezan et le bai.
    • Deux gènes les répartissent : Extension et Agouti.
    • Deux parents alezans transmettent chacun le même allèle alezan.
    • Les gènes de dilution (crème, dun, champagne) éclaircissent la robe de base.
    • Un poulain gris naît foncé et blanchit avec l’âge.
    • Un test ADN des parents précise les probabilités.

    Trois robes de base et deux pigments

    D’après l’article de Wikipédia sur la robe du cheval, trois robes de base sont identifiées dès les années 1940 : le bai, l’alezan et le noir. Toutes les autres en dérivent, par dilution, par ajout de poils blancs ou par des marques.

    Ces robes reposent sur deux pigments. L’eumélanine donne le noir ou le brun foncé. La phéomélanine donne les tons fauves, roux et rouges. Deux gènes décident de leur répartition dans le pelage : Extension et Agouti.

    L’alezan, la robe la plus simple à prévoir

    Le gène Extension commande la production du pigment noir. Wikipédia en anglais explique qu’une mutation récessive, notée e, supprime cette fonction. Un cheval qui porte deux copies de e est alezan, quel que soit le reste de son génotype pour Agouti.

    Deux conséquences pour l’éleveur :

    • un cheval alezan porte forcément deux e et transmet un e à chacun de ses poulains. Deux parents alezans donnent donc un poulain de base alezane ;
    • un cheval qui ne porte qu’un seul e n’en montre rien. Deux parents bais porteurs chacun d’un e donnent parfois un poulain alezan, ce qui surprend souvent.

    Bai ou noir : le rôle d’Agouti

    Le gène Agouti empêche le pigment noir de s’installer partout : certaines zones restent noires, d’autres rousses. C’est ce qui fait le bai. Une mutation d’Agouti, notée a, supprime ce contrôle : le cheval devient entièrement noir. D’après l’article de Wikipédia en français, le bai est dominant sur le noir. Ces deux robes n’apparaissent que si le cheval porte au moins un allèle Extension fonctionnel.

    Les gènes de dilution

    Ils éclaircissent la robe de base. L’article de Wikipédia sur la robe du cheval décrit les principaux :

    Gène Effet décrit
    Crème, une copie alezan devenu palomino, bai devenu isabelle, noir devenu noir réglisse
    Crème, deux copies crème (cremello), perlino ou réglisse crème, peau rose et yeux bleus
    Dun robe éclaircie, raie de mulet et zébrures sur les membres
    Champagne poulain né avec la peau rose et les yeux bleus, qui foncent ensuite

    Un cheval qui porte deux copies d’un allèle le transmet toujours, rappelle Wikipédia en anglais. Un étalon cremello donne donc toujours un poulain dilué au moins une fois. De même, un parent qui porte deux copies de dun a toujours des poulains dun.

    Le gris : un poulain qui naît foncé

    Le gris n’est pas une couleur de naissance. Selon l’article de Wikipédia sur la robe du cheval, le gène gris épuise tôt les cellules qui fabriquent le pigment. Le poulain naît coloré, noir, bai ou isabelle, puis blanchit au fil des années. La plupart des chevaux que l’on croit blancs sont en réalité gris clair : c’est le cas du Camarguais, du Lipizzan ou du Pure race espagnole. Le même article signale que le grisonnement est lié aux mélanomes, des tumeurs de la peau à surveiller avec ton vétérinaire.

    Pourquoi la robe change après la naissance

    • La bourre. Les poulains noirs naissent parfois avec une robe gris foncé, qui noircit quand ils perdent leur poil de naissance.
    • Le palomino. Il naît souvent plus clair qu’il ne le sera adulte.
    • Le champagne. La peau se tache de sombre et les yeux deviennent verts ou noisette.
    • Le gris. Il éclaircit toute sa vie.

    Prends des photos à la naissance puis après la mue : elles t’aideront à suivre l’évolution de la robe.

    Tester l’ADN des parents

    Selon l’article de Wikipédia en français, la génétique permet aujourd’hui de prévoir statistiquement la robe d’un poulain à naître à partir de l’analyse des parents. Extension, crème, dun et champagne se détectent par test ADN, d’après l’article en anglais. Une précaution donnée par la même source : un résultat négatif signifie qu’aucune mutation connue n’a été trouvée, pas qu’il n’en existe aucune.

    Si la robe compte dans ton projet, intègre ce critère au choix de l’étalon, avec les origines et la fertilité. Notre article pour faire saillir sa jument détaille les autres critères.

    Déclarer la robe

    La robe fait partie des informations transmises lors de la déclaration de naissance, puis elle est relevée lors de l’identification du poulain. Les délais et les étapes sont dans notre guide de la déclaration de naissance d’un poulain.

    Sources : Wikipédia, « Robe (cheval) » · Wikipédia en anglais, « Equine coat color genetics ».

  • Castration du poulain : à quel âge, comment et avec quels risques

    La castration est l’une des interventions chirurgicales les plus pratiquées chez le cheval, rappelle le cours de chirurgie de l’Institut des sciences vétérinaires de l’université de Constantine. Le geste paraît simple, mais l’association des vétérinaires équins britanniques (BEVA) écrit dans sa note de 2024 que les complications sont courantes. Voici les repères pour choisir le moment, comprendre les options et préparer les jours qui suivent.

    Ce qu’il faut retenir

    • La castration se pratique de la naissance à 2 ans selon les élevages. L’usage traditionnel la place vers 1 an.
    • Elle se fait debout sous sédation ou couché sous anesthésie générale.
    • Elle est définitive.
    • Gonflement, saignement, infection et éventration sont les complications décrites.
    • Vérifie la protection contre le tétanos avant l’intervention.

    Pourquoi castrer

    Un mâle castré s’appelle un hongre. D’après l’article de Wikipédia consacré au hongre, la castration supprime les hormones liées au comportement sexuel : le cheval devient en général plus calme et plus facile à mener au quotidien. Le même article nuance : le caractère dépend aussi de l’éducation et des origines, et l’on croise des étalons dociles comme des hongres difficiles.

    Pour l’éleveur, castrer sert aussi la sélection. Seuls les meilleurs mâles restent entiers. Wikipédia cite une estimation traditionnelle d’environ 10 % de mâles conservés comme étalons. Si tu vises la reproduction, regarde d’abord les règles d’approbation des stud-books, présentées dans notre article sur l’élevage de chevaux de sport.

    Le cours de Constantine cite aussi des raisons médicales : tumeur du testicule, torsion du cordon, hernie scrotale.

    À quel âge castrer un poulain

    Il n’existe pas d’âge unique. Le cours de Constantine donne ces repères :

    • dès la naissance : c’est possible, car les testicules sont souvent déjà descendus. Leur position définitive est atteinte quelques semaines plus tard ;
    • avant le sevrage : la récupération serait meilleure et les complications moins nombreuses que chez un cheval plus âgé ;
    • pendant la première année : le poulain est plus difficile à maîtriser et ses testicules, petits, se rétractent facilement, ce qui complique le geste ;
    • vers 1 an : c’est l’âge traditionnel ;
    • vers 2 ans : certains attendent que le caractère masculin soit développé.

    La BEVA note que le gonflement important et les saignements touchent plus souvent les chevaux âgés. Ton vétérinaire tranche selon le poulain, son gabarit et ta conduite d’élevage. Si tu sèvres à l’automne, notre guide du sevrage du poulain t’aide à caler le calendrier pour ne pas cumuler deux sources de stress.

    Le testicule qui ne descend pas

    Avant de fixer une date, le vétérinaire palpe les deux testicules. Un poulain dont un testicule n’est pas descendu est dit cryptorchide. Une fiche du gouvernement de l’Ontario explique que ce testicule ne produit pas de spermatozoïdes fonctionnels mais sécrète de la testostérone : le cheval garde un comportement d’étalon. Ce testicule est aussi plus exposé aux tumeurs, et la castration coûte plus cher.

    Selon la même fiche, le testicule gauche se trouve dans l’abdomen chez 75 % des chevaux cryptorchides, contre 42 % pour le droit. La BEVA précise qu’un cheval né avec un seul testicule est rare : le testicule « manquant » se trouve presque toujours entre le rein et le scrotum. Il faut alors parfois opérer en clinique, sous anesthésie générale ou par cœlioscopie, avec un coût supplémentaire.

    Debout ou couché

    Deux options, d’après le cours de Constantine :

    • debout, sous tranquillisant et anesthésie locale ;
    • couché, sous anesthésie générale : sur le côté au pré, ou sur le dos au bloc opératoire.

    Le choix dépend du tempérament du poulain, de sa taille, des moyens de contention, des risques de l’anesthésie générale et de l’expérience du chirurgien. Un cordon anormal, des antécédents de hernie ou des testicules mal palpés orientent vers la position couchée.

    Technique ouverte ou fermée

    En castration ouverte, le chirurgien incise l’enveloppe qui entoure le testicule. La technique coûte moins cher, surtout debout, et permet de contrôler ce qu’il retire. Elle expose en revanche à l’éventration et aux infections de la cavité abdominale. En castration fermée, cette enveloppe reste intacte : moins de risque d’éventration et d’hémorragie, mais pas de contrôle visuel du contenu et une hémostase parfois moins sûre. Après une castration ouverte, les plaies restent en général ouvertes pour cicatriser.

    Les complications, chiffres à l’appui

    La note de la BEVA de 2024 donne ces fréquences :

    Complication Fréquence citée par la BEVA
    Gonflement important 40 % des cas
    Saignement qui demande un traitement 15 % des castrations
    Éventration (sortie d’intestin ou d’épiploon) jusqu’à 5 %, surtout chez les chevaux de trait

    Un gonflement modéré est normal. Le cours de Constantine indique qu’il dure en général 3 à 6 jours et doit nettement diminuer dans les 9 jours. L’éventration survient dès l’opération et jusqu’à une semaine plus tard. Si de l’intestin sort, c’est une urgence vitale qui demande une chirurgie en clinique.

    Autres complications décrites : infection chronique du cordon, péritonite, adhérences, accumulation de liquide qui donne l’impression que le cheval a encore ses testicules.

    Préparer l’intervention

    • Vérifie la vaccination contre le tétanos. Le cours de Constantine recommande un rappel pour un cheval vacciné, ou un sérum si le statut est inconnu.
    • Présente un poulain en bonne santé, dans un lieu propre.
    • Demande le coût de l’intervention et celui des complications possibles. La BEVA conseille un consentement écrit.
    • Surveille chaque jour le gonflement, le saignement, l’appétit et la température.
    • Garde le numéro du vétérinaire à portée de main.

    Un poulain manipulé depuis le sevrage se laisse mieux examiner et soigner. Notre article pour éduquer un poulain explique comment préparer ces moments.

    Sources : BEVA, « Advice note for clients on castration of horses and ponies », 2024 · Université de Constantine, Institut des sciences vétérinaires, cours « La castration du cheval », 2025-2026 · Gouvernement de l’Ontario, « La cryptorchidie chez le cheval » · Wikipédia, « Hongre ».

  • Poulain nouveau-né : les contrôles des premières heures et des premiers jours

    Les premières heures décident de la santé du poulain. Il doit se lever, téter et boire le colostrum de sa mère dans un délai court, car il naît sans défenses immunitaires. Ton rôle est de surveiller sans gêner, et d’appeler le vétérinaire dès qu’une étape tarde. Voici les repères horaires et les contrôles à faire, d’après deux structures vétérinaires et l’IFCE.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le poulain fait ses premiers efforts pour se lever dans les 30 minutes et doit être debout en 2 heures.
    • Il naît sans anticorps : le colostrum, premier lait de la jument, les lui apporte.
    • Son intestin cesse d’absorber les anticorps au bout de 24 heures.
    • Surveille le méconium, les urines, le nombril et la température.
    • Un retard sur une étape justifie un appel au vétérinaire.

    La chronologie des premières heures

    Les repères de l’hôpital vétérinaire de Sherbrooke :

    Étape Délai normal
    Premiers efforts pour se lever Dans les 30 minutes
    Debout Dans les 2 heures
    Première tétée Entre 3 et 6 heures de vie
    Méconium, premier crottin orangé et collant Après 8 heures
    Première urine Vers 12 heures

    Les vétérinaires du Maine donnent un repère proche : au bout de 3 heures au plus, le poulain doit se lever et téter. S’il n’est ni debout ni en train de téter au bout de 2 h 30 à 3 heures, il faut intervenir. La conférence IFCE de 2024 sur le sevrage situe l’ingestion du colostrum vers 2 heures après la naissance, avec environ 7 tétées par heure le premier jour.

    Le colostrum : la priorité absolue

    Le poulain naît sans immunité, rappellent les vétérinaires du Maine. Aucun anticorps ne passe de la jument au poulain pendant la gestation, précise l’hôpital de Sherbrooke. Il les reçoit par le colostrum.

    • Le colostrum apporte aussi de l’énergie et aide le transit.
    • L’intestin du poulain se ferme aux anticorps au bout de 24 heures. Passé ce délai, il ne les absorbe plus.
    • Repère de l’hôpital de Sherbrooke : le poulain boit environ 10 % de son poids en colostrum, idéalement dans les 6 à 12 premières heures. Un poulain de 35 kg boit donc environ 3,5 litres.
    • La qualité du colostrum varie selon l’âge de la jument, ses vaccins et les pertes de lait avant le poulinage.

    Si le poulain est trop faible pour téter ou boit trop peu, appelle ton vétérinaire. Il vérifie le transfert d’immunité par une prise de sang dans les 12 à 16 premières heures, et dispose de solutions en cas d’échec.

    Les vaccins de la jument en fin de gestation renforcent ce colostrum. Le calendrier est détaillé dans notre guide sur la gestation de la jument.

    Les contrôles à faire

    Les vétérinaires du Maine conseillent de surveiller le nouveau-né toutes les 2 heures. Regarde :

    • son état : il est vif et alerte ;
    • sa posture et ses membres : l’hôpital de Sherbrooke cite les déviations, la laxité des ligaments et les contractures, à montrer au vétérinaire ;
    • sa température, autour de 38 °C ;
    • sa respiration ;
    • ses urines : aucune urine ne doit couler par le nombril, signe d’une persistance de l’ouraque ;
    • ses crottins : un méconium qui ne sort pas est dangereux, appelle le vétérinaire ;
    • son nombril, à désinfecter et à contrôler chaque jour, selon le protocole de ton vétérinaire ;
    • ses gencives, roses. Des gencives jaunâtres signalent un problème grave.

    Les gestes à éviter

    D’après les vétérinaires du Maine :

    • trop de monde autour du box ;
    • retirer l’enveloppe du poulain à la place de la jument, sauf si elle n’est pas déchirée et que la mère ne s’en occupe pas ;
    • aider le poulain à se lever : laisse-le se débrouiller seul, dans les délais normaux.

    Le lien entre la jument et son poulain se forme par les léchages des premières minutes. Notre article pour éduquer un poulain explique pourquoi il vaut mieux ne pas s’interposer.

    Le poulain prématuré

    Un poulain né avant 320 jours de gestation est prématuré, selon l’hôpital de Sherbrooke. Signes : front bombé, poil soyeux, oreilles molles ou recourbées, ligaments trop lâches. Les mêmes signes chez un poulain né à terme parlent de dysmaturité. Dans les deux cas, fais-le examiner au plus vite.

    Les premiers jours

    • La diarrhée de la chaleur de poulinage : l’hôpital de Sherbrooke la décrit comme le problème le plus fréquent, entre 7 et 10 jours. Elle vient du changement de flore intestinale, quand le poulain goûte à tout. Le poulain reste vif, mange bien et n’a pas de fièvre. Nettoie ses fesses. Si la fièvre ou l’abattement apparaissent, appelle le vétérinaire.
    • La croissance : d’après l’IFCE, le poulain prend en moyenne 1 kg par jour jusqu’à 6 mois.
    • La lactation : selon les vétérinaires du Maine, elle atteint son maximum au 3e mois.

    Le déroulement du poulinage et les soins à la jument sont détaillés dans notre article dédié. Pense aussi à la déclaration de naissance dans les 15 jours.

    Sources : Vétérinaires du Maine, « Gestation et poulinage » · Hôpital vétérinaire de Sherbrooke, « Le poulinage et le nouveau-né » · IFCE, « Réussir le sevrage de mon poulain », 2024.

  • Poulinage de la jument : les signes, les étapes et quand appeler le vétérinaire

    Le poulinage se prépare des semaines à l’avance et se déroule le plus souvent sans aide. Ton rôle est d’observer, de chronométrer et de savoir quand appeler le vétérinaire. Voici les signes qui annoncent la naissance, les trois étapes du poulinage et les situations d’urgence, d’après les fiches de deux structures vétérinaires.

    Ce qu’il faut retenir

    • Les signes avant-coureurs donnent une fenêtre, jamais une date précise.
    • Selon les vétérinaires du Maine, les trois quarts des juments poulinent la nuit.
    • L’expulsion du poulain dure de 5 à 30 minutes.
    • Pas d’évolution 10 à 15 minutes après la rupture des membranes : appelle le vétérinaire.
    • Placenta non expulsé au bout de 4 heures : urgence.

    Avant le jour J

    L’hôpital vétérinaire de Sherbrooke conseille de te préparer autour de 320 jours de gestation. Prévois :

    • un box propre, calme, de bonne taille, avec une litière de paille, qui ne colle pas aux naseaux du nouveau-né ;
    • le numéro de ton vétérinaire affiché près du box ;
    • une montre pour noter l’heure de chaque étape ;
    • si possible une caméra, pour observer à distance.

    Le suivi de la gestation jusqu’à ce stade est détaillé dans notre guide sur la gestation de la jument.

    Les signes qui annoncent le poulinage

    D’après l’hôpital vétérinaire de Sherbrooke :

    Signe Délai avant la naissance
    Mamelle qui se remplit 2 à 4 semaines
    Trayons qui se distendent 4 à 6 jours
    Bouchons de cire (colostrum séché) au bout des trayons 1 à 4 jours

    Ces délais sont indicatifs : certaines juments ne montrent aucun signe. Les vétérinaires du Maine ajoutent que du lait perle parfois, et que la jument devient inquiète, nerveuse et cherche à s’isoler. Ils rappellent qu’aucun moyen ne prévoit avec exactitude le moment du poulinage.

    Ne trais pas la jument avant le poulinage sans avis vétérinaire : le colostrum perdu n’est pas forcément remplacé.

    Les trois étapes du poulinage

    Étape 1 : la préparation

    Les contractions de l’utérus rendent la jument agitée. Elle se couche et se relève, regarde ou mord ses flancs, tourne en rond, sue et urine souvent : des signes qui ressemblent à des coliques. Cette phase dure environ une à deux heures. Elle place le poulain en position de plongeon : les sabots antérieurs devant, suivis du nez et de la tête.

    Si tu es là au début des contractions, fais un bandage de queue et lave la mamelle, la vulve et les cuisses au savon doux. Puis éloigne-toi et observe à distance : la plupart des juments attendent le calme pour pouliner.

    Un sac blanchâtre apparaît à la vulve, puis la poche des eaux se rompt. Aucune évolution après une ou deux heures : appelle ton vétérinaire.

    Étape 2 : l’expulsion

    Elle dure environ une demi-heure, et parfois 15 minutes seulement. Les vétérinaires du Maine donnent 5 à 30 minutes. La jument pouline le plus souvent debout, mais aussi couchée. Dans un poulinage normal, la tête et les antérieurs sortent en premier, puis l’encolure, le corps et les postérieurs.

    Vérifie qu’aucune membrane ne bouche les naseaux du poulain à la sortie.

    Étape 3 : la délivrance

    Le placenta est expulsé entre 15 minutes et 4 heures après la naissance. Examine-le pour vérifier qu’il est complet. L’IFCE, dans sa conférence de 2023, le qualifie de témoin à inspecter. Ne tire jamais dessus.

    Le cordon ombilical

    Le cordon relie encore la jument et le poulain jusqu’à ce que l’un des deux se lève. Un transfert de sang se fait à ce moment : il ne doit pas se rompre trop tôt. L’hôpital de Sherbrooke insiste : ne coupe jamais le cordon, au risque d’une hémorragie. S’il ne se rompt pas seul, ton vétérinaire te montre comment faire.

    Les situations d’urgence

    Situation Ce que tu fais
    Aucune évolution 1 à 2 heures après le début de la préparation Appelle le vétérinaire
    Aucune évolution 10 à 15 minutes après la rupture des membranes Appelle le vétérinaire tout de suite
    Sabots tournés vers le haut, poulain sur le dos ou présenté par les postérieurs Appel en urgence
    Sac rouge, et non blanc, à la vulve (décollement du placenta) Seule urgence où tu ouvres le sac et sors le poulain au plus vite, puis appelle le vétérinaire
    Placenta non expulsé au bout de 4 heures Urgence vétérinaire
    Jument agressive envers son poulain Retire le poulain en gardant le contact visuel, puis réintroduis-le avec de l’aide

    L’hôpital de Sherbrooke explique qu’une rétention du placenta au-delà de 6 heures expose la jument à un choc et à un risque accru de fourbure. Le refus du poulain est plus fréquent chez les jeunes poulinières.

    Après la naissance : la jument

    • Laisse-lui du foin et de l’eau fraîche à volonté.
    • Surveille sa température dans les 24 premières heures : la normale se situe entre 37,5 et 38,5 °C.
    • Surveille son appétit et ses crottins : le risque de coliques augmente après le poulinage.
    • Vérifie chaque jour que la mamelle désenfle et que le poulain la vide.

    Les contrôles du poulain lui-même, debout, tétée, colostrum, font l’objet d’un article à part. Et n’oublie pas la déclaration de naissance dans les 15 jours.

    Sources : Hôpital vétérinaire de Sherbrooke, « Le poulinage et le nouveau-né » · Vétérinaires du Maine, « Gestation et poulinage » · IFCE, « Mise à la reproduction de ma jument », 2023.

  • Éduquer un poulain : quand le manipuler et comment s’y prendre

    Un poulain bien éduqué se laisse attraper, mettre un licol, donner les pieds et mener en main. Ces bases se construisent tôt, mais pas n’importe quand. Les études d’éthologie relayées par l’IFCE montrent que certaines périodes comptent plus que d’autres. Voici ce qu’elles disent, et une méthode pour t’y mettre sans brusquer ton poulain.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le lien entre la jument et son poulain se forme dans les premières minutes de vie. Ne le perturbe pas.
    • Manipuler un poulain dans ses premières semaines facilite le licol et la marche en main, sans effet durable démontré.
    • Les manipulations faites dans la foulée du sevrage ont des effets plus durables.
    • Des séances courtes et répétées valent mieux qu’une longue séance.
    • La jument sert de modèle : un poulain apprend aussi en la regardant.

    La mère, premier éducateur

    Le dossier documentaire « Éthologie équine » de l’IFCE (2015) rappelle plusieurs faits :

    • la jument forme avec son poulain un lien fort et exclusif, à travers les léchages des 30 premières minutes et les premières tétées ;
    • la rupture de ce lien, même brève, provoque une détresse extrême chez le poulain ;
    • le comportement de la mère influence celui de son poulain au-delà de la période d’allaitement.

    Conséquence pratique : à la naissance, laisse la jument faire. La conférence IFCE de 2024 sur le sevrage va dans le même sens et conseille d’utiliser la mère comme médiatrice. Un poulain qui voit sa mère calme au contact de l’humain apprend que ce contact est sans danger.

    Quand manipuler : ce que disent les études

    Dans les jours et semaines après la naissance

    Selon le dossier IFCE, manipuler un poulain dans les jours ou les semaines qui suivent sa naissance ne semble pas avoir d’effet à long terme. À court terme, en revanche, cela facilite la pose du licol et la marche en main, et réduit sa réactivité en présence de l’humain.

    Dans la foulée du sevrage

    Le dossier cite un programme de recherche selon lequel les manipulations faites aussitôt après la séparation d’avec la mère ont des effets plus durables et plus marqués qu’à une autre période. Les périodes de réorganisation sociale, comme le sevrage, seraient propices aux apprentissages. Manipuler au sevrage serait plus efficace, surtout si c’est répété sur le long terme.

    La conférence IFCE de 2024 précise le créneau : les 15 premiers jours après le sevrage. Les poulains y sont plus réceptifs, et ce qu’ils apprennent est mieux mémorisé, encore 18 mois après. Le détail du sevrage est dans notre article sur le sevrage du poulain.

    Ce qui pèse sur l’apprentissage

    • Un sevrage précoce affecterait les capacités d’apprentissage et l’émotivité, d’après les travaux cités par l’IFCE.
    • Les poulains nourris avant le sevrage avec une ration riche en matières grasses et en fibres sont moins stressés au sevrage et plus faciles à manipuler qu’avec une ration riche en sucres et en amidon (Nicol et al., 2005).
    • La manière dont le poulain perçoit la manipulation compte autant que la manipulation elle-même.

    Une méthode en quatre temps

    1. De la naissance au sevrage : la présence

    • Entre dans le pré ou le box avec calme, à heures régulières.
    • Occupe-toi de la jument devant son poulain : pansage, caresses, soins.
    • Laisse le poulain venir à toi. Touche l’épaule et l’encolure quand il s’approche.
    • Si tu poses un licol tôt, fais-le en douceur et sur de courtes durées.

    2. Les 15 jours après le sevrage : les bases

    C’est la fenêtre à ne pas manquer. Chaque jour, une séance courte :

    • approcher et toucher tout le corps, encolure, dos, croupe, membres ;
    • mettre et retirer le licol ;
    • faire quelques pas en main, s’arrêter, repartir ;
    • lever chaque pied quelques secondes, puis le reposer.

    3. Les mois suivants : les rappels

    Le dossier IFCE souligne l’intérêt de répéter sur le long terme. Garde des séances régulières, même brèves : pansage, pieds, marche en main, attache.

    4. Les nouveautés, une à la fois

    La conférence IFCE déconseille d’exposer les jeunes à des nouveautés au moment du sevrage. Introduis ensuite les nouveaux objets et situations un par un : tapis, douche, van, maréchal-ferrant.

    Les règles d’une bonne séance

    • Courte : quelques minutes suffisent à cet âge.
    • Toujours dans un endroit sûr et connu du poulain.
    • Termine sur une réussite, même petite.
    • Récompense le bon comportement par une pause ou une caresse.
    • Arrête si le poulain panique, et reprends plus tard à une étape plus facile.

    Les erreurs à éviter

    • Forcer une manipulation : d’après le dossier IFCE, la façon dont le poulain perçoit le contact influence sa relation future avec l’humain.
    • Séparer le poulain de sa mère pour l’éduquer avant le sevrage.
    • Sevrer et isoler un poulain au box, ce qui favorise tics et agressivité selon l’IFCE.
    • Tout enseigner le même jour.

    Si tu achètes un poulain, demande à l’éleveur ce qu’il sait déjà faire. Notre article pour acheter un poulain chez un éleveur liste les points à vérifier.

    Sources : IFCE, dossier documentaire « Éthologie équine, une science récente », 2015 · IFCE, « Réussir le sevrage de mon poulain », A. Kempfer et E. Provost, 3 octobre 2024.

  • Élevage de chevaux de sport : stud-book, concours et primes de l’éleveur

    Élever un cheval de sport, c’est faire naître un poulain destiné au saut d’obstacles, au dressage ou au concours complet, dans le cadre d’un stud-book. Le stud-book fixe les règles, organise les concours d’élevage et récompense les éleveurs. Pour rester concret, cet article prend l’exemple du Selle Français, à partir des documents du stud-book et de la Société Hippique Française (SHF).

    Ce qu’il faut retenir

    • Un stud-book est l’organisme qui tient le livre généalogique d’une race et en conduit la sélection.
    • Pour produire dans une race, l’étalon doit être approuvé par son stud-book.
    • Les jeunes chevaux passent par des concours d’élevage : foals, 2 et 3 ans, puis circuits de 4 à 6 ans.
    • Des primes récompensent les naisseurs dont les produits se qualifient.
    • Adhérer au stud-book donne accès aux tarifs et aux primes.

    Le stud-book : qui fait quoi

    La SHF range le Stud-book Selle Français parmi les organismes de sélection. Il propose plusieurs collèges d’adhésion :

    • les éleveurs, propriétaires d’au moins une jument saillie pour produire en Selle Français ;
    • les étalonniers, propriétaires d’au moins un étalon Selle Français, Anglo-arabe, Arabe ou Pur-sang approuvé à produire dans le stud-book ;
    • les propriétaires de chevaux Selle Français ;
    • les supporters. Ce dernier collège n’ouvre pas l’accès au tarif préférentiel des concours de modèle et allures ni aux primes.

    Si tu fais naître, c’est le collège des éleveurs qui te concerne.

    L’étalon approuvé

    Un poulain ne naît pas Selle Français avec n’importe quel père. L’étalon doit être approuvé à produire dans le stud-book. Le Stud-book Selle Français tient une base de données des étalons approuvés, à consulter avant de réserver une saillie.

    Pour le choix, la conférence de l’IFCE sur la mise à la reproduction (2023) retient cinq critères : la technique de monte, la génétique, la fertilité, le budget en coût global et la réglementation. Elle rappelle aussi que certains stud-books imposent des vaccins : la grippe pour le Selle Français.

    La préparation de ta jument est détaillée dans notre article pour faire saillir sa jument.

    Les concours d’élevage

    Le règlement technique des concours d’élevage Selle Français de 2019 donne la structure des circuits. Les règles changent chaque année : vérifie la version en cours auprès du stud-book. On y trouve :

    • les concours de foals et des poulinières suitées, avec des épreuves locales et régionales puis une finale nationale ;
    • le circuit des femelles de 2 et 3 ans, jugées sur le modèle et les allures ;
    • les circuits des mâles de 2 et 3 ans, orientés saut d’obstacles et complet, qui mènent à l’approbation ;
    • le testage des mâles de 3 ans ;
    • le circuit des 3 ans sport en saut d’obstacles et les « Espoirs du complet » en concours complet ;
    • un circuit dressage pour les foals, les 2 ans et les 3 ans ;
    • la labellisation des poulinières.

    Ces notes servent aussi à l’acheteur. Notre article pour acheter un poulain chez un éleveur explique comment les lire.

    Les primes : l’exemple du programme Génétique Avenir

    Le Stud-book Selle Français, avec l’Association syndicale des étalonniers privés, encourage l’usage des jeunes étalons pour réduire l’intervalle entre générations. C’est le programme Génétique Avenir.

    Les étalons concernés

    Tous les étalons approuvés à produire en Selle Français, dans leurs 5 premières années de monte en France et âgés de 9 ans au plus l’année de la saillie. Cette règle s’applique à partir de la saison de monte 2025.

    Les primes

    • Pour les foals nés en 2025 issus de ces étalons et présentés aux championnats de France, à Saint-Lô ou à Saumur pour le dressage, une sur-prime au naisseur. En 2024, la prime de la finale nationale était de 500 €.
    • Pour les chevaux de 4 à 6 ans qualifiés pour les finales des Cycles classiques SHF, à Fontainebleau en saut d’obstacles et en dressage, et à Pompadour en concours complet : 250 € par cheval qualifié pour une finale 2025, 500 € pour les meilleurs de leur génération.
    • Le naisseur doit être à jour de sa cotisation au stud-book.

    Les erreurs qui coûtent cher

    • Réserver un étalon sans vérifier qu’il est approuvé dans la race visée : le poulain ne sera pas inscrit comme tu l’espérais.
    • Oublier de régler sa cotisation au stud-book l’année concernée : les primes sont réservées aux adhérents à jour.
    • Négliger les vaccins exigés par le stud-book avant la mise à la reproduction.
    • Se fier à une version ancienne du règlement des concours : il évolue d’une saison à l’autre.

    Les étapes de l’éleveur de chevaux de sport

    1. Adhère au stud-book de la race visée.
    2. Choisis un étalon approuvé, en tenant compte des programmes d’encouragement.
    3. Prépare ta jument et suis la gestation. Notre guide sur la gestation de la jument détaille chaque période.
    4. Déclare la naissance et fais identifier le poulain dans les délais.
    5. Présente-le en concours de foals, puis sur les circuits d’élevage.
    6. Valorise ses résultats à la vente ou en le faisant évoluer sur les circuits jeunes chevaux.

    Le métier d’éleveur dans son ensemble est décrit dans notre guide sur les éleveurs de poulains.

    Sources : Stud-book Selle Français, programme Génétique Avenir · SHF, page d’adhésion au Stud-book Selle Français · Règlement technique des concours d’élevage Selle Français 2019 · IFCE, « Mise à la reproduction de ma jument », 2023.

  • Gestation de la jument : durée, suivi et alimentation période par période

    Ta jument est pleine. Pendant environ 11 mois, son alimentation, son suivi vétérinaire et sa préparation au poulinage changent selon le stade. Voici la durée de gestation, les contrôles à prévoir et les besoins de ta jument période par période, avec les sources vétérinaires et l’IFCE.

    Ce qu’il faut retenir

    • La gestation dure environ 11 mois, de 338 à 343 jours selon l’hôpital vétérinaire de Sherbrooke.
    • Le diagnostic de gestation se fait à l’échographie, dès le 14e jour.
    • Les besoins de la jument augmentent surtout dans les trois derniers mois.
    • Vise une note d’état corporel de 3 à 3,5 et donne de l’eau à volonté.
    • Prépare le poulinage à partir de 320 jours.

    Combien de temps dure la gestation

    Les vétérinaires du Maine indiquent une durée de 11 mois. L’hôpital vétérinaire de Sherbrooke, au Québec, précise 338 à 343 jours, soit un peu plus de 11 mois, et donne trois repères :

    • un poulain né avant 320 jours est considéré comme prématuré et demande des soins vétérinaires ;
    • au-delà de 340 jours, un examen vétérinaire est recommandé pour vérifier que tout va bien ;
    • prépare le poulinage autour de 320 jours après la saillie ou l’insémination réussie.

    Calcule ces dates dès la confirmation de gestation et note-les dans ton agenda.

    Confirmer et suivre la gestation

    • Le diagnostic se fait à l’échographie dès le 14e jour, selon les vétérinaires du Maine.
    • La conférence IFCE sur la mise à la reproduction (2023) insiste sur deux points : vérifier qu’elle est bien pleine, et repérer une gestation gémellaire, qui se gère avec le vétérinaire.
    • Le suivi pendant la gestation surveille les pertes embryonnaires, les anomalies et le développement du fœtus.

    Les trois périodes de la gestation

    Pascale Chavatte-Palmer a présenté pour l’IFCE en février 2021 un cours sur l’alimentation de la poulinière. Elle découpe la gestation en trois périodes :

    Période Ce qui se passe Besoins en énergie
    Début, jusqu’à 4 ou 5 mois Formation des organes et du placenta, mise en réserve d’énergie Proches de l’entretien. La qualité de la ration compte plus que la quantité
    Milieu, de 5 à 8 mois Croissance modérée du fœtus et du placenta Légèrement augmentés
    Fin, de 9 à 11 mois Croissance rapide du fœtus. 75 % du glucose circulant part vers le fœtus et le placenta 1,3 à 1,5 fois les besoins d’entretien

    Le poulain pèse à la naissance environ 10 % du poids de la jument vide. La Bergerie nationale donne un repère parlant : le fœtus pèse environ 10 kg à 7 mois et voisine les 50 kg à la naissance.

    Nourrir ta jument pleine

    Les recommandations du cours IFCE :

    • maintiens la note d’état autour de 3 à 3,5 ; une légère perte d’état n’est en général pas dangereuse ;
    • la jument ingère 1,5 à 3 % de son poids vif en matière sèche, plutôt 3 % quand elle est pleine ou allaitante ;
    • les fourrages forment au moins 50 % de la ration, et 100 % s’ils couvrent les besoins ;
    • les concentrés s’ajoutent ensuite, à hauteur de 5 à 30 % ;
    • attention aux excès de concentrés et d’amidon.

    La Bergerie nationale ajoute un point : en fin de gestation, la difficulté n’est pas l’énergie mais les protéines, les minéraux et les vitamines. Ajouter des céréales maintient l’état corporel sans couvrir ces besoins. Choisis un aliment conçu pour la poulinière ou fais équilibrer ta ration.

    Elle conseille aussi de présenter à la jument, aux 10e et 11e mois, les aliments de sa future ration de lactation, pour que son système digestif s’y habitue.

    L’eau : ne la limite jamais

    Jument Besoin en eau
    Gestante 5,1 à 6,9 litres par 100 kg de poids vif et par jour
    Allaitante 11,9 à 13,9 litres par 100 kg de poids vif et par jour

    Ces besoins augmentent avec une ration de fourrages secs. Pour une jument de 500 kg pleine, compte de 25 à 35 litres par jour.

    Vaccins et vermifuges en fin de gestation

    • La conférence IFCE de 2023 conseille de vacciner dans les 4 à 6 semaines qui précèdent le poulinage, pour augmenter les anticorps du colostrum et protéger le poulain pendant ses premiers mois.
    • Elle ne conseille pas de vermifuger à nouveau dans les jours qui précèdent le poulinage. Vérifie toujours avec ton vétérinaire qu’un vermifuge convient à une jument pleine.

    Préparer le poulinage

    • La Bergerie nationale recommande de rentrer la jument au box environ 45 jours avant le poulinage : elle produit alors des anticorps adaptés aux microbes du lieu où elle va pouliner.
    • Prépare un box propre, calme, assez grand, avec une litière de paille, comme le conseille l’hôpital vétérinaire de Sherbrooke.
    • Garde le numéro de ton vétérinaire près du box.

    Le choix de l’étalon et la préparation de la jument avant la saillie sont détaillés dans notre article pour faire saillir sa jument. Après la naissance, pense à la déclaration de naissance dans les délais.

    Sources : P. Chavatte-Palmer, IFCE, « Alimenter la poulinière de la conception au poulinage », février 2021 · Hôpital vétérinaire de Sherbrooke, « Le poulinage et le nouveau-né » · Vétérinaires du Maine, « Gestation et poulinage » · IFCE, « Mise à la reproduction de ma jument », 2023 · Bergerie nationale, « Conduite de la jument gestante ».

  • Faire saillir sa jument : préparer la mise à la reproduction

    Faire naître un poulain commence bien avant la saillie. La saison, l’état de ta jument, ses vaccins, le choix de l’étalon et de la technique de monte se préparent dès l’hiver. Cet article suit la conférence « Mise à la reproduction de ma jument », donnée en octobre 2023 par la docteure vétérinaire Charlotte Degien avec l’IFCE. Voici ta feuille de route.

    Ce qu’il faut retenir

    • La jument se reproduit en saison de jours longs. La période idéale va de mai à juillet.
    • Une jument idéale est en bonne santé, a entre 4 et 12 ans et une note d’état corporel autour de 3,5.
    • Une jument maigre n’est pas prête : la malnutrition compte parmi les grandes causes d’infertilité.
    • Vaccins et dépistages se vérifient avant d’entrer au centre de mise en place.
    • Le choix de l’étalon se fait avec la technique de monte, la fertilité, le budget et la réglementation.

    Comprendre le cycle de ta jument

    La jument est une reproductrice saisonnière. Ses repères :

    • elle cycle quand les jours rallongent, et le 21 juin marque le maximum de la période ;
    • la période idéale pour la mise à la reproduction va de mai à juillet ;
    • un cycle dure 21 jours ;
    • l’hiver correspond au repos sexuel, appelé anœstrus ;
    • au printemps, une seconde période sans ovulation s’accompagne parfois de longues chaleurs, qui trompent.

    Retiens aussi que la gestation dure 11 mois. Une jument saillie en mai poulinera au printemps suivant.

    La jument idéale pour la reproduction

    Le profil décrit dans la conférence :

    • en bonne santé ;
    • âgée de 4 à 12 ans ;
    • une note d’état corporel de 3,5 ;
    • à l’aise sur ses quatre membres ;
    • une bonne dentition ;
    • correctement vaccinée et vermifugée ;
    • une bonne conformation de la vulve.

    Si ta jument s’éloigne de ce profil, parles-en à ton vétérinaire avant de réserver une saillie : il évalue son état général, son âge et ses antécédents.

    Le vétérinaire examine aussi les maladies associées qui pèsent sur la fertilité : fourbure, asthme, ulcères gastriques, Cushing.

    L’alimentation avant la saillie

    • Ni trop grosse, ni trop maigre : vise la bonne note d’état.
    • Adapte la ration au poids et à l’activité. Une jument de sport n’a pas les besoins d’une poulinière.
    • Fais toujours des transitions alimentaires.
    • Un manque de protéines fait baisser les performances de reproduction, un excès fatigue.

    La conférence cite le flushing : une suralimentation modérée, légèrement croissante, jusqu’à la saillie, pour favoriser la fécondation. Décide-le avec ton vétérinaire.

    Avancer la saison avec la lumière

    Pour avancer la période de reproduction, une photostimulation est possible : on allonge la durée du jour avec un éclairage artificiel, à partir des jours courts, autour du 1er décembre. C’est le seul traitement qui avance la reprise des cycles, selon la conférence. Garde l’éclairage naturel et vérifie l’intensité lumineuse à hauteur des yeux de la jument.

    Vaccins, dépistages, vermifuges

    Les vaccins

    • Grippe, rhinopneumonie et tétanos sont les trois maladies visées. La rhinopneumonie est la première cause d’avortement infectieux.
    • Vérifie que ta jument est à jour dans le mois qui précède son entrée au centre de mise en place.
    • Certains stud-books l’exigent : la grippe pour le Selle Français, la grippe et la rhinopneumonie pour le trotteur français et le pur-sang.

    Les dépistages

    • La métrite contagieuse équine se transmet par voie sexuelle. On la dépiste chez les juments saillies en monte naturelle en début de saison et lors d’un changement d’étalon.
    • L’artérite virale équine provoque des avortements. On la dépiste selon la technique de monte et les étalons présents au centre.
    • Ces dépistages sont obligatoires pour une jument saillie par un étalon pur-sang.

    La vermifugation

    Un à trois traitements par an selon le risque parasitaire et des coproscopies. Le conseil donné : un vermifuge contre les strongles et les ténias en fin d’automne, à adapter au risque.

    Choisir la technique de monte et l’étalon

    Les techniques vont de la monte naturelle, en liberté ou en main, à l’insémination en semence fraîche, réfrigérée ou congelée, et jusqu’au transfert d’embryon. Le choix de l’étalon tient compte de cinq critères :

    1. la technique de monte possible avec cet étalon ;
    2. la génétique ;
    3. la fertilité ;
    4. le budget, en raisonnant en coût global ;
    5. la réglementation de la race visée.

    L’ovulation doit tomber dans les 24 à 48 heures qui suivent la saillie par un étalon fertile, parfois moins selon la technique. D’où le suivi échographique des chaleurs au centre.

    Les papiers du futur poulain

    • Signe les conventions (pension, mise en place, suivi gynécologique) et le contrat de saillie.
    • Les documents de monte sont remplis et remis par l’inséminateur.
    • La déclaration de naissance suppose le règlement complet de la saillie.

    Les étapes suivantes sont détaillées dans notre guide sur la déclaration de naissance d’un poulain. Pour comprendre le métier dans son ensemble, lis notre guide sur les éleveurs de poulains. Et pour la fin de l’histoire, notre article sur le sevrage du poulain.

    Source : C. Degien et M. Delerue, IFCE, « Mise à la reproduction de ma jument », 10 octobre 2023.

  • Sevrage du poulain : à quel âge et avec quelle méthode

    Le sevrage sépare le poulain de sa mère. Dans la nature, c’est la jument qui le décide, vers 9 ou 10 mois. En élevage, l’éleveur le fait souvent vers 5 ou 6 mois, et c’est un moment de stress pour les deux. La méthode choisie pèse sur la santé du poulain et sur son caractère futur. Voici ce que disent les études présentées par l’IFCE et comment t’y prendre.

    Ce qu’il faut retenir

    • À l’état naturel, le sevrage a lieu vers 9 à 10 mois, entre 8 et 12 mois selon la mère et les ressources.
    • En élevage, il se fait en général vers 5 à 6 mois, parfois plus tôt.
    • Le sevrage brutal est la méthode la plus stressante.
    • Sevrer en groupe, au pré ou en stabulation, avec des adultes, limite le stress.
    • Les 15 jours qui suivent le sevrage sont un bon moment pour manipuler le poulain.

    Le sevrage dans la nature

    L’IFCE a présenté en octobre 2024 une conférence sur le sevrage (Alexandre Kempfer et Estelle Provost). Elle décrit d’abord ce qui se passe sans intervention humaine :

    • le sevrage survient vers 9 à 10 mois, entre 8 et 12 mois selon l’expérience de la mère, son état (gestante ou non) et la nourriture disponible ;
    • c’est surtout la mère qui le décide, en refusant l’accès à la mamelle ;
    • il se prépare peu à peu : le poulain s’éloigne de plus en plus de sa mère et passe plus de temps à pâturer ;
    • la première semaine, le poulain tète environ 7 fois par heure, puis moitié moins jusqu’à la fin du premier mois ;
    • le sevrage naturel est seulement alimentaire : le poulain garde ses liens avec sa mère et son groupe jusqu’à son départ, entre 2 et 3 ans.

    Le sevrage en élevage

    En élevage, l’éleveur sèvre en général vers 5 à 6 mois, parfois plus tôt. Les raisons sont souvent économiques : vente du poulain ou de la mère, état de la jument. L’IFCE souligne que cette séparation rompt les liens sociaux, ce qui la rend bien plus stressante que le sevrage naturel.

    Les signes de stress à surveiller

    • hennissements et déplacements en hausse ;
    • agressivité ;
    • temps passé à manger en baisse, et prise de poids faible ou nulle ;
    • apparition de tics, appelés stéréotypies ;
    • troubles digestifs, comme ulcères gastriques ou coliques.

    Un sevrage raté laisse des traces, d’après l’IFCE : poulain plus émotif, moins curieux, plus agressif, et relation à l’humain dégradée.

    Les méthodes, de la plus stressante à la plus douce

    Le sevrage brutal

    La mère est retirée d’un coup, sans préparation. Le poulain et la jument montrent de nombreux signes de stress pendant plusieurs jours, et des comportements anormaux risquent de persister.

    Le sevrage progressif

    Il commence 4 semaines avant la séparation définitive, à partir de 5 mois (travaux de Léa Lansade, 2016 à 2018) :

    • séparations quotidiennes, de quelques minutes à plusieurs heures ;
    • une barrière qui laisse mère et poulain se voir, se sentir, s’entendre et se toucher ;
    • un petit groupe, au moins une paire de poulains ;
    • les rations distribuées de part et d’autre de la barrière.

    Résultats à la séparation définitive : hennissements divisés par 2, déplacements actifs divisés par 3, cortisol plus bas chez le poulain et la mère, et poulains plus faciles encore 3 mois après. L’IFCE signale que d’autres travaux (Bouvet, 2016) n’ont pas trouvé ces différences : les conclusions restent discutées.

    Le retrait des mères une par une

    Dans un groupe de juments suitées, on retire une mère par jour au lieu de toutes à la fois. Le poulain sevré reste parmi des congénères calmes, ce qui réduit hennissements et déplacements, sans perte de poids. Les résultats sont encore meilleurs avec des jeunes du même âge, des jeunes d’autres générations et des adultes non apparentés, au paddock plutôt qu’au box.

    Le sevrage spontané

    On laisse poulains et mères ensemble jusqu’au sevrage naturel. C’est possible si aucune vente n’est prévue. Attention : en élevage, les mâles de plus d’un an sont capables de saillir. Retire-les du groupe assez tôt.

    Les bonnes pratiques

    À faire À éviter
    Sevrer le plus tard possible Sevrer un poulain seul
    Sevrer par paire ou en petit groupe Le box individuel, source de tics et de blessures
    Paddock, stabulation ou pâture sécurisés Laisser les jeunes sevrés entre eux, sans adulte
    Ajouter un ou plusieurs adultes calmes Exposer les poulains à des nouveautés le jour même
    Préparer une transition alimentaire Un changement de ration brutal

    L’IFCE conseille aussi de manipuler les poulains dans les 15 jours qui suivent le sevrage : ils sont plus réceptifs et retiennent mieux ce qu’ils apprennent, encore 18 mois après. Le dossier éthologie de l’IFCE va dans le même sens : les manipulations faites aussitôt après la séparation d’avec la mère ont des effets plus durables qu’à un autre moment.

    L’alimentation autour du sevrage

    Les repères de l’IFCE :

    • de la naissance à 6 mois, le poulain prend en moyenne 1 kg par jour, de 50 à 250 kg ;
    • jusqu’à 3 mois, le lait reste sa principale nourriture ;
    • de 3 mois au sevrage, il lui faut un fourrage de qualité, de l’herbe, et un aliment complémentaire pour poulain, distribué dans un nourrisseur séparé ;
    • pour cet aliment, l’IFCE cite des valeurs minimales de 18 % de protéines brutes et 0,6 % de lysine ;
    • après le sevrage, garde l’aliment poulain jusqu’à 8 à 10 mois, puis passe progressivement à une gamme élevage.

    Une ration riche en céréales prédispose aux ulcères, aux coliques et à l’ostéochondrose. Privilégie les matières grasses et les fibres.

    Avant de sevrer : les papiers

    Ton poulain doit être identifié avant le sevrage. Les délais sont détaillés dans notre guide sur la déclaration de naissance. Et si tu achètes un poulain, demande à l’éleveur comment il compte le sevrer : notre article pour acheter un poulain chez un éleveur liste les autres questions à poser.

    Source : IFCE, « Réussir le sevrage de mon poulain », A. Kempfer et E. Provost, 3 octobre 2024 · IFCE, dossier documentaire « Éthologie équine », 2015.

  • Acheter un poulain chez un éleveur : prix, papiers et étapes

    Acheter un poulain chez un éleveur se prépare en quatre temps : comprendre ce qui fait son prix, lire le choix de l’étalon, suivre les étapes de la vente et récupérer les bons papiers. Après l’achat, tu as 30 jours pour déclarer le changement de propriétaire au SIRE. Voici la marche à suivre.

    Ce qui fait le prix d’un poulain

    Deux poulains du même âge n’ont pas le même prix. Ces critères font la différence :

    • Les origines : l’étalon, les résultats de la mère et ceux de sa famille.
    • La race et le stud-book : un poulain inscrit dans un livre généalogique n’a pas la même valeur qu’un poulain d’origine non constatée.
    • Le modèle et les allures : les notes obtenues en concours de foals donnent un repère.
    • L’âge : sous la mère, sevré, ou déjà âgé de deux ou trois ans.
    • Les papiers : un poulain déclaré, identifié et pucé dans les délais vaut plus qu’un dossier en retard.
    • Ce que comprend la vente : garde jusqu’au sevrage, transport, frais SIRE.

    Pour situer un prix, compare des poulains de même race, de même âge et aux origines proches. Regarde plusieurs annonces et les résultats des ventes aux enchères de jeunes chevaux. Un prix se juge par comparaison, jamais sur une seule annonce.

    L’étalon et la saillie : ce que tu dois lire

    Le choix de l’étalon dit beaucoup du projet de l’éleveur. Demande le certificat de saillie. Délivré par l’étalonnier, il indique :

    • le nom, le numéro SIRE et le numéro UELN de l’étalon ;
    • les races pour lesquelles l’étalon est approuvé à produire ;
    • le type de monte : monte naturelle ou insémination ;
    • les dates de saillie ou d’insémination.

    Si l’étalon n’est pas approuvé pour la race visée, le poulain ne sera pas inscrit dans cette race. En monte naturelle, il reçoit alors l’appellation « Origine Constatée ». Pour les Pur-sang, seule la monte naturelle est admise : l’insémination et le transfert d’embryon sont exclus.

    Les étapes de l’achat

    1. Visite l’élevage. Vois le poulain au pré, sa mère et les conditions de vie. Notre guide pour choisir un éleveur donne les 7 points à vérifier.
    2. Réserve par écrit. Si tu achètes sous la mère, fixe dans un document le montant de l’acompte, la date de départ et ce qui se passe si le poulain tombe malade avant.
    3. Fais examiner le poulain. Une visite d’achat par un vétérinaire de ton choix te donne un état de santé daté.
    4. Signe un contrat de vente. Il nomme le poulain, son numéro SIRE, le prix et ce qu’il comprend.
    5. Récupère les papiers le jour de la vente.
    6. Déclare le changement de propriétaire au SIRE dans les 30 jours.
    7. Organise le transport et l’accueil du poulain.

    Les papiers à récupérer

    • Le document d’identification : il suit le cheval toute sa vie. Vérifie que le numéro de puce correspond à celui du poulain.
    • La carte d’immatriculation : le vendeur remplit et signe le verso avec toi, puis te la remet. Il a aussi la possibilité de générer un certificat de vente depuis son Espace SIRE.
    • Le contrat de vente, signé par les deux parties.
    • Le certificat de saillie, si les papiers du poulain ne sont pas encore édités.

    Si tu achètes avant l’édition des papiers, vérifie que la naissance a bien été déclarée dans les 15 jours et note la date d’identification prévue. Les délais de naissance sont expliqués dans notre article sur la déclaration de naissance.

    Après l’achat : le changement de propriétaire

    C’est à toi, le nouveau propriétaire, de faire la démarche. Elle se fait en ligne sur le site de l’IFCE, dans les 30 jours qui suivent l’achat, à partir de la carte d’immatriculation papier ou du certificat de vente. Le changement est effectif dès que la démarche est terminée.

    Certains cas passent par une autre procédure : démarche faite par un tiers, plus de 4 copropriétaires, décès du propriétaire enregistré. Vérifie ton cas sur le site de l’IFCE avant la vente.

    Accueillir le poulain chez toi

    • Si tu héberges ton poulain chez toi, déclare ton lieu de détention auprès de l’IFCE. La démarche est gratuite et se fait une fois.
    • À partir de 3 équidés sur place, déclare aussi un vétérinaire sanitaire.
    • Si tu le mets en pension, la pension doit vérifier son identification avant de l’accueillir.
    • Prévois un compagnon : un poulain ne vit pas seul.

    Sources : IFCE, certificat de saillie et déclaration de naissance (spécimen) ; IFCE, guide détenteur, septembre 2017 ; IFCE, enregistrer un cheval à ton nom après un achat.